Durant la seconde guerre mondiale, un groupe de soldats américains est emprisonné dans un camp allemand, le Stalag 17. Son principal objectif: tenter de s’évader. La suspicion monte le jour où deux des leurs sont tués lors d’une évasion manquée. Dès lors, chacun pense qu’un traitre agit parmi eux pour le compte des nazis. L’officier Sefton, un opportuniste, déjà mal vu, est accusé. A tort. D’autant que ses acolytes ont découvert qu’il pratique le marché noir avec les Allemands…
A l’origine Stalag 17 fut une pièce à succès jouée à Broadway, avant que le grand Billy Wilder, génial auteur de Sunset Boulevard et du Gouffre des Chimères, ne décide de l’adapter pour le cinéma. Comme à son habitude, il déploie son immense talent de conteur et offre des dialogues brillants, une narration très fluide et surtout une mise en scène astucieuse, jouant avec l’espace réduit du cabanon dans lequel les soldats doivent vivre entassés. Wilder réussit un admirable divertissement, se payant le luxe de ne pas se contenter d’être un film de guerre de plus, mais bien une comédie dramatique (le contexte décrit est sombre bien sûr), où l’humour a toute sa place et les bons mots se marient avec des répliques réjouissantes. L’effet de groupe occasionne méfiance, amitié virile, et plus sournoisement de la trahison. Trahison qui en devient un de thèmes central du film, puisque la bande soupçonne un des leurs de frayer avec l’ennemi et vont même jusqu’à accuser leur sergent, sur le simple prétexte qu’il leur faut un bouc émissaire. Comme dans toute situation de danger, l’être humain perd parfois son discernement et se trompe de cible.
Billy Wilder croque des personnages secondaires pittoresques parmi les prisonniers (celui qui ne jure que par la pin up de l’époque Betty Grable, particulièrement amusant), et ironiquement donne aussi à Otto Preminger, le réalisateur autrichien connu pour son autoritarisme, le rôle du commandant SS du camp. Et retrouve son acteur de Sunset Boulevard, William Holden, passant ici du gigolo scénariste au sergent mal considéré, finissant pourtant par se faire plus observateur que les autres. Il compose une prestation remarquée et obtint ainsi l’Oscar du Meilleur Acteur. Dix ans après le To Be or Not to Be de Lubitsch qui se moquait déjà ouvertement d’Hitler, Wilder signe une comédie « de guerre », épinglant une fois de plus l’armée allemande, distrayante pour tous et annonçant d’autres productions du même calibre comme La Grande Evasion.
ANNEE DE PRODUCTION 1953.



