Julian Winston, un dentiste célibataire, prétend être marié à son assistante, Stéphanie Dickinson (secrètement amoureuse de lui) pour éviter de s’engager davantage auprès de sa fiancée, Toni. Jusqu’au moment où il va être rattrapé par ses mensonges…
Barillet et Grédy, binôme d’auteurs de pièces de boulevard fameuses comme Folle Amanda ou Potiche, ont eu la joie de voir leur texte porter à l’écran en France bien sûr mais aussi en Amérique! Avec Fleur de Cactus notamment adapté par l’acteur réalisateur Gene Sachs (peu entré dans la postérité). Cette comédie fantaisiste joue donc à fond la carte du boulevard avec sa kyrielle de quiproquos, de situations ubuesques et de personnages gentiment lâches ou naïfs. A l’instar de ce dentiste menteur comme un arracheur de dents (ca tombe bien!!) mettant sur pied un inextricable stratagème: se faire passer pour un homme marié auprès de sa jeune conquête pour lui enlever l’envie d’envisager un futur conjugal commun! Le trait n’est pas des plus fins, l’écriture s’amuse avec les caricatures (le mâle veule, la vieille fille encore séduisante, la blonde godiche qui gobe tout), pourtant voir ce trio se tourner autour, se duper, se narguer finit par nous embarquer dans ce divertissement tout à fait agréable. D’autant qu’une bonne partie des dialogues sont plutôt désopilants. Il faut par contre être d’une indulgence plus prononcée vis à vis de la mise en scène: lourdaude avant tout, elle ne compte pas parmi les qualités à retenir.
Beaucoup plus enthousiasmante, la distribution marque des points avec Walter Matthau en dentiste mythomane qu’il rend aussi piteux qu’attachant, entouré d’une toute jeune Goldie Hawn pour sa première incursion au cinéma (mignonne et drôle, elle y gagna même un Oscar du meilleur second rôle un poil abusif) et surtout d’une grande comédienne capable de surprendre dans un registre inconnu pour elle: Ingrid Bergman. La star d’Hitchcock et de Rossellini campe l’assistante dentaire mal fagotée (au début du moins) et acceptant les manigances de son patron par amour pour lui. Peu habituée à faire rire, elle s’en sort plus que convenablement et apporte une légèreté indéniable à l’ensemble. Vous l’aurez compris, Fleur de Cactus n’entend rien révolutionner du tout, il vous fera passer un très bon moment, alors pourquoi bouder son plaisir?
ANNEE DE PRODUCTION 1969.



