Shelly, danseuse dans une revue légendaire d’un casino de Las Vegas depuis plus de 30 ans, apprend que le show va cesser sous quinzaine. Le choc passé, elle se demande de quoi elle va pouvoir vivre, comment se recycler? Dans le même temps, elle voudrait renouer des liens avec sa fille qu’elle n’a pas pu élever comme elle aurait voulu…
Dans la famille Coppola, je demande la petite fille du grand Francis! Une dénommée Gia, déjà autrice de deux longs métrages, Palo Alto et Mainstream (passés relativement sous le radars), et qui signe là son troisième opus. La Miss a certainement dû beaucoup regarder les films de John Cassavetes et cette influence se ressent nettement dans son style de mise en scène: caméra à l’épaule, gros plans insistants des visages, flous « artistiques »: on est proche du cinéma vérité tant revendiqué par l’auteur d’ Opening Night. Suivant au plus près son héroïne comme pour scruter son ressenti psychologique, Gia Coppola trace en même temps le portrait d’une Amérique que l’on voit peu: ceux qui galèrent, ceux qui doivent continuer à bosser comme des dingues sans espoir d’indemnités de retraite, ceux de l' »ombre ». Showgirl à la cinquantaine bien tassée, Shelly n’a connu que la scène, la danse, le public (parfois pas nombreux) et toute sa vie ne tient qu’à sa performance live, elle apprend qu’elle va devoir tout arrêter et trouver un nouveau sens, une nouvelle direction. The Last Showgirl ressemble un peu à The Werstler d’Aronofsky où Mickey Rourke, lui, devait remonter sur le ring après une longue traversée du désert. La gloire qui se termine comme pitch de scénario reste une belle idée, mais que l’on peut juger convenue et plutôt maigrichonne. Gia Coppola a sûrement des progrès à fournir du côté de son écriture.
Non, la véritable raison d’être du film s’appelle Pamela Anderson, ex star de la série Alerte à Malibu, transfigurée, sans fard ou presque, dévoilant des aptitudes d’actrice insoupçonnées jusqu’ici. A nu, et sans chercher à être dans « la performance à tout prix », ce beau rôle lui permet d’acquérir une respectabilité méritée. Accompagnée par Jamie Lee Curtis, enfin de nouveau employée dans autre chose qu’un énième Halloween, elle est assez remarquable en serveuse senior désillusionnée. Dans ce Las Vegas triste à mourir, le désenchantement de ces dames arrivées à l’heure des bilans sonne avec une certaine gravité et prend la forme d’un constat très amer.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



