LA CALIFORNIE

Sur les hauteurs de Cannes, la fantasque Maguy dépense son temps et son argent entre sa luxueuse villa et les boites de nuit de la Côte d’Azur. Autour d’elle gravite son petit monde: son garde du corps et amant Mirko, son compagnon de galère Stefan, et Katia sa copine souffre douleur. L’arrivée d’Hélène, la fille que Maguy n’a pas su élever, va bouleverser ce « désordre » établi bien fragile…

Bien connu comme scénariste pour Sautet, Pialat, Garcia et d’autres, Jacques Fieschi a sauté le pas pour devenir réalisateur avec ce premier film qu’il adapte d’un roman de Georges Simenon, Chemin sans Issue. Attaché à décrire le petit microcosme d’êtres liés par l’argent et l’intérêt qu’ils portent au paraitre et au luxe, Fieschi propose une étude de moeurs en respectant une chose essentielle chère à Simenon: le trouble, le mystère qui entoure des personnages dont on ne voit que la « surface », laissant ainsi libre cours à notre imagination. Justement les enjeux du récit mettent du temps à se préciser, d’une scène à l’autre on se demande constamment comment les choses vont tourner. La seule certitude que l’on a est qu’un drame va advenir. La Californie revêt du coup les allures d’un drame psychologique davantage qu’un policier traditionnel. Entre dérision, noirceur et ambiguité, l’intrigue « pourrit » de l’intérieur comme un vers grignotant un fruit avarié: la mise en scène toute en sobriété entretient cette impression que quelque chose va craquer. Le petit problème reste que toutes les réponses attendues viennent tardivement et qu’avant cela, Fieschi se répète un peu, comme s’il voulait gagner du temps et jouer la montre. Au risque de côtoyer par moments l’ennui…

La Californie, finalement, semble un prétexte pour Fieschi à mettre en avant son amour des comédiens et ça tombe bien, il les dirige avec minutie! Le trio de tête est constitué de Roschdy Zem (prenant un accent yougoslave prononcé), Ludivine Sagnier (dans sa période phare où elle enchainait les tournages) et surtout Nathalie Baye menant sa barque et sa petite bande avec ténacité, entrain, cachant mal sa difficulté à exister et son terrible besoin d’être entourée. Ne serait ce que pour se bercer d’illusions. En bonne copine, Mylène Demongeot complète le casting. Ce film curieux, très imparfait, intrigue sans passionner, retient ses coups et prend sûrement trop de gants pour se déployer pleinement.

ANNEE DE PRODUCTION 2006.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Fieschi passe du scénario à la caméra avec une certaine adresse et du coup délaisse son intrigue. Trop lancinant, le film vaut surtout pour Nathalie Baye, toujours remarquable.

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