FUNNY GAMES

Une famille de base en Autriche. Anna, Georg et leur petit garçon partent en week end dans leur belle maison au bord d’un lac. Au programme: canotage et golf, puis peut être barbecue chez les voisins. Mais deux intrus venus de nulle part viennent sonner à leur porte pour leur demander de leur céder des oeufs…

Quatrième long métrage du cinéaste autrichien Mickael Haneke après les remarqués Benny’s Video ou 71 Fragments d’une chronologie du hasard , Funny Games demeure sans nul doute son film le plus controversé, le plus dérangeant, pour ne pas dire le plus insoutenable. Ce « faux » thriller met en place de manière méthodique et implacable les mécanismes de la violence gratuite avec la séquestration d’une famille par deux individus à peine sortis de l’adolescence, calmes, rigolards, sans états d’âmes et prêts à aller jusqu’au bout de leurs desseins meurtriers. Réflexion sur l’exploitation esthétisante de la violence par les divers médias, Funny Games fonctionne par la manipulation du spectateur, pris littéralement en flagrant délit de voyeurisme. Jusqu’à quel point pourra t’on supporter le calvaire enduré par ces trois pauvres victimes? jusqu’où sommes nous capables de regarder frontalement leur mise à mort inéluctable? Pas d’effets spéciaux, pas de gore (ou presque) mais la sensation d’horreur est démultipliée par le hors champ encore plus malsain (l’exécution de l’enfant par la simple détonation du coup de fusil). Haneke joue constamment avec nos nerfs avec un sadisme rare, faisant passer Orange Mécanique pour une promenade de santé, allant jusqu’à faire « rembobiner » une scène sous nos yeux pour ne pas que son film se corrompe par une happy end factice et illusoire. Ce huis clos étouffant pourrait aisément se ranger du côté du genre horreur tant le réalisme des séquences fait froid dans le dos.

Mariés à la ville et à l’écran, le couple Ulrich Mühe et Susanne Lothar, acteurs allemands de théâtre et familiers de l’univers d’Haneke pour qui ils avaient déjà joué dans Benny’s Video notamment: ils incarnent là les martyrs impuissants de cette folie meurtrière, doublée de cruauté mentale. Arno Frisch joue leur jeune bourreau, au visage en prime apparemment angélique, ironisant sur la souffrance qu’il inflige, faisant même des clins d’oeil face caméra au public complice et « consommateur » de ses actes ignobles. Haneke a réussi une oeuvre profondément perturbante, crue, posant de vraies questions sur le pouvoir des images et a bien entendu crée le scandale. On jugea le film fasciste, provocateur, sans relever sa distanciation et sa dénonciation évidentes. Un radicalisme certainement pas acceptable par tous. Eprouvant.

ANNEE DE PRODUCTION 1997

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Dénonciation de la violence et de sa représentation par les images, ce 4e opus d'Haneke confirme son sens de la provocation mais surtout son intelligence filmique. Susanne Lothar et Ulrich Mühe formidables dans des rôles émotionnellement éprouvants. Du cinéma rude et nécessaire.

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