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MYSTERIOUS SKIN

Brian est un étudiant renfermé, convaincu d’avoir été victime d’un enlèvement par des extra terrestres. Avec l’aide d’Avalyn, une autre adepte des OVNI, il commence à enquêter sur les souvenirs enfermés dans ses rêves… quitte à y découvrir un passé traumatisant.

Mysterious Skin est adapté du roman de Scott Heim et séduit par cette histoire à la fois étrange, poétique et dramatique, le cinéaste américain Gregg Araki trouve une matière idéale pour son univers onirique, déjanté et romanesque. En gardant toujours sa furieuse indépendance dans le style et le récit, Araki dépasse le thème glauque de la pédophilie pour aboutir à un film d’une grande pureté, dénué de tout jugement moral, rendant très bien compte de la portée des traumatismes subis par deux jeunes hommes suite aux viols dont ils ont été victimes par leur coach de baseball. Il pénètre dans la psyché de ses personnages blessés, voire brisés, et nous fait partager leur intériorité, leurs fêlures, la grâce perdue de leur enfance. Avec ses précédents films comme The Doom Generation, Araki avait plutôt privilégié l’esthétique tape à l’oeil, les plans chocs, au risque d’être catalogué comme un auteur à la marge et quelque peu confidentiel. Cette fois, il attaque de front un sujet grave, parle de l’humain, avec la force de son scénario subtil, lyrique, prenant. Traitant également des premiers émois sexuels (et à fortiori homosexuels), Araki ouvre une voie audacieuse dans une production US bien frileuse sur cette question et il le fait avec beaucoup d’intelligence en prime. Du coup, il s’éloigne de ses trips ecstasy, cocaïne et autres substances perchées pour s’ancrer dans un réel terrifiant: les adultes ne sont pas toujours bienveillants envers les enfants, les abusent et les détruisent aussi. Sans désir de choquer pour choquer, certaines images peuvent d’ailleurs heurter et mieux vaut réserver le film à un public averti.

En tête de casting et s’emparant de son rôle d’adolescent rebelle et ultra sexualisé, Joseph Gordon Levitt offre des débuts fracassants; son charisme n’a d’égal que son jeu déjà très élaboré pour son âge. En maman faisant de son mieux sans cependant pouvoir « protéger » son fils, Elisabeth Shue ne démérite pas: cette actrice n’a brillé que dans quelques films des années 90 avant de disparaitre mystérieusement des écrans. Enfin, Brady Corbet joue le second garçon important de l’intrigue, trouvant la note juste entre réserve et douleur rentrée. Notons la musique, hypnotisante, de l’ensemble, avec des titres de SlowDrive, Ride ou Cocteau Twins, permettant un voyage troublant dans le mental de ces jeunes hommes à la dérive. Douloureux et pourtant beau, Mysterious Skin s’inscrit dans les oeuvres dérangeantes sur lesquelles il faut à tout prix s’attarder.

ANNEE DE PRODUCTION 2005.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une grosse et belle surprise signée Gregg Araki, loin de ses opus borderline: il traite de la pédophilie avec un tact fou et accouche d'un film dur et magnifique.

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