WONDER WHEEL

Ginny, bientôt 40 ans, rêvait de devenir actrice et a fini serveuse dans un resto situé dans le parc d’attractions de Coney Island. Elle est mariée à Humpty, un mec bourru et même parfois violent. Elle prend un amant plus jeune qu’elle, Mickey, un maitre nageur ambitionnant de devenir auteur dramatique. Sa vie se complique lorsque Carolina, la fille de Humpty, recherchée par des gangsters qui veulent sa peau, débarque pour se réfugier chez eux…

Wonder Wheel autrement dit la Grande Roue que l’on voit dans les fêtes foraines semble ici s’apparenter à la roue du destin, tant les personnages jouent, perdent, prennent des risques et précipitent finalement leur chute. Ce cru 2017 de Woody Allen, dénué de l’humour ravageur de l’auteur de Manhattan, lorgne vers le drame psychologique à la Eugene O’Neil (cité d’ailleurs dans le dialogue) et plus encore vers Tennessee Williams. Malgré les couleurs criardes et vulgaires des lieux où se déroule l’essentiel de l’action (le parc d’attractions notamment), la noirceur est au rendez vous: rêves brisés, frustrations, désenchantement, disputes: la vie de Ginny, l’héroïne, ressemble à une pièce de théâtre où la tristesse et la morosité se sont installées, où le bruit des machines à sous et des manèges masque mal le silence assourdissant de sa solitude intérieure. Elle fait penser à Blanche Dubois d’Un Tramway Nommé Désir, en moins fêlée, mais tout aussi désespérée. Allen n’avait pas réalisé de film aussi radicalement théâtral depuis longtemps, enfermant ses protagonistes dans le cadre étriqué de sa caméra, scrutant leurs visages inquiets et désemparés. Même si l’ensemble du récit se tient correctement, il manque toutefois la subtilité d’écriture que l’on trouvait dans Match Point ou Blue Jasmine. Oscillant entre mélodrame désuet et film noir, Wonder Wheel, constitué d’abondants dialogues brille par la photographie de Vittorio Storaro, passant de lumières chaudes d’été à des noirs obscurs, signifiant la mélancolie dominante du film.

Ce portrait féminin semble avoir été pensé et écrit pour une actrice de composition et Kate Winslet se charge de le tenir à bout de bras, toute en fragilité et émotions. L’interprète de Titanic prouve combien aucun univers ne lui fait peur et elle incarne précisément cette femme minée par les échecs avec beaucoup de consistance. Ses partenaires, James Belushi en mari beauf lourdaud et Justin Timberlake en maitre nageur séducteur, lui laissent le champ libre pour monopoliser l’attention. Le réalisateur new yorkais emploie toute l’influence de son maitre Ingmar Bergman, dont on ressent la marque dans la description de la psyché féminine et sa vision des existences ratées.

ANNEE DE PRODUCTION 2017.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sous influence de Bergman et encore plus de Tennessee Williams, un bon cru de Woody Allen sur les frustrations et rêves déchus d'une femme magistralement incarnée par Kate Winslet.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Sous influence de Bergman et encore plus de Tennessee Williams, un bon cru de Woody Allen sur les frustrations et rêves déchus d'une femme magistralement incarnée par Kate Winslet. WONDER WHEEL