MERCI LA VIE

Camille, jeune fille de 18 ans, prépare son baccalauréat, seule au bord de l’océan. Elle rencontre Joelle, une autre jeune femme qui vient d’être abandonné sur une plage, en robe de mariée, par un type qui la cognait. Elles deviennent copines et vont découvrir ensemble l’amour, la vie, le sexe…

Après le succès surprise de Trop Belle pour toi, Bertrand Blier se lance dans un de ses films les plus ambitieux avec une idée en tête: reformer un couple dans l’esprit de son premier carton Les Valseuses. Mais, cette fois le tandem est féminin et traverse l’existence chaotique en se serrant les coudes, en se tenant la main, et en affrontant les bonnes choses comme les horreurs. Merci la vie (titre ironique), presque emprunté à un opus de Lelouch, se présente sous la forme d’un rêve discontinu, un délire surréaliste façon Buffet Froid où Blier mêle les époques (la guerre, l’occupation nazie) avec le temps d’aujourd’hui (le Sida et ses ravages), mixe le tout et construit un scénario qui semble naviguer à vue, tout en étant paradoxalement assez structuré. On y retrouve ses bons mots, sa vulgarité légendaire, un peu aussi de sa misogynie (les deux filles ont certes le beau rôle, mais se prennent des claques, se font baiser par des tas de mecs différents, et restent malgré tout debout pleines de courage!). En désarticulant à loisir le récit, en multipliant les personnages et les points de vue, Merci La Vie déroute évidemment par son refus de la linéarité, de la routine narrative: ce n’est pas pour ça que c’est toujours réussi, mais ça a au moins le mérite d’être original! Ici, la famille souffre d’éclatement, les médecins ne sont pas capables de guérir les maux les plus simples, les jeunes filles sont livrées à elles mêmes et n’ont surtout que leurs yeux pour pleurer.

Enorme casting (sûrement le plus riche de toute la filmo de Blier) et il faudrait les citer tous pour leur rendre hommage: Michel Blanc, Jean Louis Trintignant, Catherine Jacob, Gérard Depardieu, Jean Carmet (extra en papa déconnecté), Annie Girardot (peu de temps de présence, mais quel joli « petit » rôle!), Didier Bénureau, etc, etc… Et au centre de tout, deux actrices en état de grâce: Charlotte Gainsbourg, auréolée de son statut de comédienne ultra douée, et Anouk Grinberg d’une émotion à fleur de peau quoiqu’elle fasse! Un coup comique, un coup bouleversant, le film semble brasser tant de thèmes qu’il a tendance aussi à s’éparpiller (l’histoire du tournage entretenant la confusion entre fiction et réalité parait plus plaquée qu’autre chose). Blier nous dit à sa manière combien la vie est belle, pleine de surprises, qu’il faut en profiter jusqu’à ce qu’elle s’arrête, pour tout le monde, sans distinguo!

ANNEE DE PRODUCTION 1991.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Blier en mode ambition démesurée signe un film riche, surréaliste et contemporain, parfois dans une dérive totale. Casting d'exception, surtout porté par Grinberg et Charlotte Gainsbourg en copines inséparables.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Blier en mode ambition démesurée signe un film riche, surréaliste et contemporain, parfois dans une dérive totale. Casting d'exception, surtout porté par Grinberg et Charlotte Gainsbourg en copines inséparables. MERCI LA VIE