Jessica, Perla, Julie, Ariane et Naima sont hébergées dans une maison maternelle qui les aide dans leur vie de jeune mère. Cinq adolescentes qui ont l’espoir de parvenir à une vie meilleure pour elles mêmes et pour leur enfant.
Après Tori et Lokita sorti en 2022, les Frères Dardenne sont de retour avec leur déjà onzième long métrage et témoignent de nouveau d’une délicatesse d’écriture bien à eux, d’une mise en scène épurée et surtout d’une justesse de ton ayant jusque là fait les beaux jours de leur cinéma intimiste si particulier. Célébrés depuis leur premier coup d’éclat, Rosetta, il y a 26 ans de cela, les cinéastes belges suivent cette fois les parcours de vies de cinq jeunes filles récemment devenues mères (célibataires) ou étant sur le point d’accoucher et envisagent de laisser leurs bébés dans des familles d’accueil. Avec tout ce que cela implique de dilemmes, de déchirements émotionnels. Comme à l’accoutumée, il est question de précarité, de misère sociale et de carences affectives et les Dardenne ne craignent pas de « charger la mule » à travers ces familles dysfonctionnelles: pourtant, cette fois, ce catalogue de « malheurs » aboutit à une conclusion étonnamment positive et ouvre une porte de sortie vers un espoir réel. Ces Jeunes Mères pose un vrai regard sur des filles perdues, en quête d’amour, déchirées entre leur désir d’offrir une vie meilleure à leurs enfants et le besoin de se tracer un avenir moins sombre, quitte à abandonner le fruit de leurs entrailles. Proche d’un documentaire, le film navigue entre séquences dures (les mamans toxiques de ces adolescentes aux mots destructeurs et aux gestes violents) et scènes plus lumineuses. Le scénario trouve sa tonalité dans la douceur et l’âpreté des situations et les auteurs du Gamin au Vélo restent à bonne distance comme des témoins silencieux se gardant bien de tout jugement moral.
L’émotion éclate également grâce aux jeunes comédiennes, toutes non professionnelles, de Babette Verbeek à Elsa Houben, de Lucie Laruelle à Samia Hilmi, et elles se laissent à la fois diriger par les frères et donnent le meilleur d’elles mêmes, d’où une authenticité de chaque instant. India Hair incarne une femme fermée, blessée sûrement et incapable de lâcher ses émotions, elle fait vivre son personnage avec intensité. Malgré le mal être, les failles, les doutes profonds de ces filles, une humanité permanente transpire du propos et du coup, le film n’est pas uniquement une oeuvre sociale, il déborde de vie et a charmé les festivaliers cannois puisque le scénario a été récompensé d’un prix mérité. Un bien joli film.
ANNEE DE PPODUCTION 2025.



