SEPTEMBER

Dépressive, Lane revient dans sa maison d’enfance du Vermont. Fréquentant Peter, écrivain, elle reprend un peu goût à la vie. Cependant, trois autres personnes s’invitent sur les lieux: son amie Stéphanie, sa mère Diane, et son beau père Lloyd… L’harmonie se brise très vite.

Après avoir réussi son incursion dans le drame pur avec Intérieurs, Woody Allen s’est sans doute dit qu’il devait explorer plus profondément l’âme humaine et remit le couvert avec ce September. On connait son influence majeure venue de l’univers de Bergman, on découvre là son attrait pour le dramaturge Anton Tchekhov et ses études poussées sur la psyché d’êtres en proie au mal de vivre, aux doutes, à l’introspection mentale. L’action se situe dans une demeure de la Nouvelle Angleterre à la toute fin de l’été et réunit deux femmes liées par l’amitié, un homme qu’elles aiment toutes deux, la mère et le beau père de l’une d’elles et tout ce petit monde va passer 1H20 à bavarder, se disputer, philosopher sur la vie, s’aimer (mal), tenter de dissiper des vieilles rancunes. Woody impose une écriture sensible, des dialogues émouvants sur le temps qui passe et le sentiment de vieillissement, le tout sur des fonds sonores jazzy (Cole Porter étant son favori): cependant, cette petite musique « mélancolique » tourne un peu en rond et finit par ennuyer plus qu’à passionner. Le thème de l’impossibilité à communiquer, que l’on retrouve aussi tout le temps dans le cinéma d’Antonioni, sied assez peu à Allen dont on sait combien il adore les échanges verbaux, et par moments son scénario donne la sensation de remplir du vide. De plus, le personnage de Lane (autour duquel tous les autres gravitent) agace par ses incessantes jérémiades et ses airs de chien battu: impossible de s’identifier à elle.

Woody s’est inspiré pour l’histoire de la mère de l’actrice Lana Turner (sa fille ayant assassiné son amant violent et créa un scandale à Hollywood), matière idéale à se pencher sur un traumatisme du passé expliquant en grande partie la dépression de Lane. Lane, très bien incarnée par Mia Farrow d’ailleurs, entourée de partenaires talentueux comme Dianne Wiest (autre habituée du réalisateur new yorkais), Sam Waterston et Elaine Stritch en mère toxique. Même si September recèle quelques qualités indéniables, il n’est pas interdit de penser que Woody s’englue quelque peu dans son sujet et n’arrive que difficilement à créer de l’empathie pour ses personnages souffreteux. Bien souvent, on a qu’une envie: ouvrir la fenêtre de ce huis clos et respirer un bon coup.

ANNEE DE PRODUCTION 1987.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

On aime bien le Woody Allen porté sur le drame, mais son récit manque de souffle et la sinistrose l'emporte presque jusqu'à l'ennui. De bons interprètes cependant, Mia Farrow en tête.

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