En 2025, Une trentaine de personnes issues d’une même famille apprennent qu’ils vont recevoir en héritage une maison abandonnée depuis des années. Quatre de ces cousins lointains sont chargés d’en faire l’état des lieux. Ils vont alors découvrir des trésors cachés et se retrouver sur les traces d’une mystérieuse Adèle, qui a quitté sa Normandie natale pour la capitale en 1895.
Avec En Corps, son précédent opus, Cédric Klapisch avait coché toutes les cases du « feel good movie » fédérateur et populaire et avait d’ailleurs battu des records d’entrées. Son nouvel ouvrage filmique, La Venue de l’Avenir, parait s’inscrire dans cette même lignée. Avec son récit mêlant deux époques (la fin du XIXe siècle et notre temps actuel), sa réflexion sur la transmission, sur l’héritage, sur les liens familiaux (aussi ancestraux soient ils), le film se plait à regarder en arrière (malgré son titre), à comparer deux styles de vie, revenir sur les belles traces du temps perdu, à oser aussi en creux une comparaison pas toujours subtile sur ce qui touchait hier et ce qui remue aujourd’hui (notamment dans le domaine artistique). Comme une partie de l’action se déroule en 1895, Klapisch nous gratifie d’un clin d’oeil forcément attendu sur la naissance du cinématographe et assoit une mise en scène assez ludique, soutenue par une reconstitution d’époque plutôt travaillée. Beaucoup moins convaincant hélas que le scénario, naviguant un peu à l’aveugle, inspiré quand il évoque le passé et carrément faible dans la partie contemporaine (la séquence ridicule de la transe chamanique en témoigne ou les discussions creuses dans le train). D’où un sentiment de déséquilibre marqué qui empêche de se sentir vraiment touché par cette histoire. Etalée qui plus est sur plus de deux heures, une durée bien excessive pour ce que Klapisch a à raconter.
Un enthousiasme modéré également du côté du casting, avec une foule de nouveaux jeunes talents à qui il manque parfois du charisme (Suzanne Lindon ne casse pas trois pattes à un canard avec sa moue perpétuelle, Paul Kircher jolie bouille mais jeu superficiel) et des « confirmés » comme Vincent Macaigne (à l’aise dans son registre peu risqué), Zinedine Soualem (un des acteurs les plus employés par Klapisch depuis Chacun cherche son chat) et une étonnante Cécile de France qui prend un accent un peu snob tout à fait délicieux. Il ne faudrait pas prétendre que l’ensemble est ennuyeux, ce serait trop sévère, il n’empêche que l’auteur de L’Auberge Espagnole nous a déjà embarqué plus loin, plus fort, plus franchement qu’avec ce petit voyage dans le temps relativement anodin.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



