BON VOYAGE

Juin 1940. Frédéric rêve de devenir écrivain. Accusé d’un crime commis par une actrice de renom, Viviane Denvers, dont il a toujours été amoureux, il s’évade bientôt de prison avec l’aide de Raoul, un petit voyou. Ils font jusqu’à Bordeaux tandis que les allemands gagnent du terrain dans la guerre. Ils croisent la route d’une jeune étudiante, Camille, désireuse de transporter de l’eau lourde avec l’aide d’un savant…avant que les nazis ne s’en emparent pour en faire une bombe atomique…

Le pari pour Jean Paul Rappeneau était de renouer avec le cinéma d’antan et la chère bonne vieille « Qualité Française ». Bon Voyage nait de ce désir de faire un film tout à la fois historique, romanesque et d’aventures, avec multiples personnages pris dans les tourments de l’Histoire (la débâcle de 1940). Et comme d’ordinaire avec l’auteur du Sauvage, le rythme endiablé ne laisse que peu de répit: ca court, ca vole, ca se poursuit, ca se dispute, ca remue ciel et Terre pour atteindre chacun le but qu’il s’est fixé! Avec l’aide de Patrick Modiano au scénario (spécialiste de la période de l’Occupation), Rappeneau élabore un film mouvementé, trépidant, qui carbure aux dialogues chocs , aux situations toniques. Un peu trop d’ailleurs, on a guère le temps de s’attacher à ces protagonistes en perpétuel mouvement et ne semblant n’avoir jamais une seconde à vivre posément. Rappeneau fait preuve d’une mise en scène énergique, masquant les manquements d’un récit partant plus ou moins dans tous les sens, sans ennuyer certes mais sans nous accrocher véritablement non plus. Rien à redire sur la reconstitution luxueuse du Paris et du Bordeaux des années 40, du danger allemand, de l’insouciance remplacée par les arrestations, les faux coupables évadés de prison, les amours contrariés: chacun peut trouver de quoi prendre plaisir à suivre le déroulement de l’intrigue.

Comme dans les grosses productions d’autrefois, le casting compte plus que tout dans l’entreprise et Rappeneau met le paquet avec la réunion d’Isabelle Adjani et Gérard Depardieu (quinze ans après Camille Claudel), elle en actrice capricieuse et fofolle, lui en ministre complaisant. A leurs côtés, Virginie Ledoyen, mignonne au jeu passable, Yvan Attal, Peter Coyote et enfin Grégory Derangère, assez bon et qui ne parvint pas à confirmer son statut par la suite. Bon Voyage s’ouvre et se termine dans une salle de cinéma, bel hommage à peine déguisé de Rappeneau au 7e Art et à sa capacité à nous raconter des histoires. Un point positif à mettre au crédit de ce film agréable, mais un brin décevant de la part du réalisateur de Cyrano.

ANNEE DE PRODUCTION 2003.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du Rappeneau pur jus avec son rythme fou, son récit à tiroirs, sa mise en scène nerveuse. Reste que le récit s'éparpille sans toujours convaincre. Excellent casting dominé par Isabelle Adjani en star de l'écran aux mille et un caprices.

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