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CHARLOTTE FOR EVER

Stan, scénariste alcoolique, a de graves problèmes relationnels avec sa fille Charlotte, qui ne cesse de lui reprocher d’avoir provoqué la mort de sa mère dans un accident de voiture. De plus, Charlotte supporte difficilement que son père séduise ses amies, encore mineures. Stan essaie tout de même d’établir de meilleurs rapports avec la jeune fille et lui montre son amour inconditionnel…

Musicien et chanteur illustre que l’on ne présente plus, Serge Gainsbourg était un touche à tout et s’intéressait aussi au cinéma de près. Il créa même un petit scandale au milieu de la décennie 70 avec Je t’Aime moi non plus. Son troisième opus Charlotte For Ever confirme le goût marqué de Gainsbourg pour l’expérimental et dès les premières séquences, on sent très clairement que l’histoire (d’ailleurs le pitch tient sur un confetti) ne va être qu’un prétexte pour lui. Prétexte pour se mettre frontalement en scène dans un rôle semi autobiographique d’un scénariste alcoolo à la diction approximative, bourré comme un coin du matin au soir, libidineux et pratiquant l’art de la provocation comme personne. Provoc par les mots (les dialogues plus sussurès que joués regorgent d’insultes, de termes sulfureux, etc…) et provoc par l’ambiance malsaine de ce huis clos où un parfum d’inceste flotte sans oser dire son nom. Au niveau du récit donc, le travail d’écriture, bâclé, ne permet jamais de ressentir les émotions requises, la psychologie des personnages restant en surface tout du long. Certaines scènes sont carrément éprouvantes à regarder (Gainsbourg se faisant volontairement vomir, pissant du sang face caméra, etc…) et l’aspect étouffant de la mise en scène avec ses cadrages serrés n’aide pas à rendre le film « aimable ».

En fait, l’unique intérêt se situe dans l’hommage criant d’amour que Gainsbourg tente de rendre à sa fille chérie, Charlotte G. , fille de Jane B. et déjà actrice précoce depuis ses débuts chez Chouraqui et surtout chez Miller avec L’Effrontée. Un talent brut et inné qu’elle déploie de nouveau devant la caméra de son père, la filmant sous toutes les coutures: habillée, semi nue, mutine, butée, en plein désespoir, etc… Le titre annonce de toutes façons la couleur et personne n’est pris en traitre: Charlotte For Ever est un poème d’amour (vénéneux) à l’adolescente de 15 ans qu’elle était alors. Gainsbourg a certainement trop lu le Lolita de Nabokov et s’en inspire très maladroitement: à l’arrivée, une oeuvre glauque et surtout inaboutie.

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Gainsbourg filme sa Charlotte sous tous les angles, en se foutant de son scénario et en usant de plans claustrophobiques. Sans elle, le film serait quasi irregardable.

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