LE DERNIER RIVAGE

En 1964, en Australie, après une guerre atomique qui a détruit l’essentiel de la Terre. Quelques survivants attendent le secours d’un sous marin américain, sans grand espoir d’en réchapper sains et saufs. Les radiations commencent à les toucher un par un…

Après les bombes atomiques de Nagasaki et Hiroshima, le monde n’a plus tout à fait été le même et la menace nucléaire a commencé à effrayer la planète entière. Le cinéma ne s’empara que très peu de ce sujet jusqu’à ce que Stanley Kramer s’engage à dénoncer la course effrénée à l’arme atomique dans ce film post apocalyptique, où la Terre a déjà été presque entièrement anéantie. Le Dernier Rivage suit ainsi une poignée de personnages rongés par la peur, en survie temporaire, tentant d’accepter leur sort proche et appréhendant la mort chacun à sa manière. Kramer inclut une romance désespérée entre Moira, une femme abimée par l’alcool tombant amoureuse d’un capitaine de sous marin, Dwight, mais aussi la trajectoire de Peter Holmes et de sa femme qui vient de lui donner une petite fille. Le scénario se disperse pas mal et ne trouve pas toujours le bon angle pour traiter le propos: en fait, à trop vouloir éviter le spectaculaire, il passe à côté de l’angoissante perspective de cette fin du monde annoncée et le film se traine plus de deux heures durant en bavardages et états d’âmes pesants. Même les attitudes des protagonistes semblent peu crédibles, restant tous extrêmement passifs et calmes, dans une résignation assez effarante: on aurait presque envie de les secouer pour qu’il se révolte contre la fatalité! Enfin, la charge mélodramatique atteint son apogée dans les vingt dernières minutes, où l’on ne voit aucun mort, aucune violence frontale, mais que de larmes et d’adieux déchirants au menu!

Le Dernier Rivage possède malgré tout un impressionnant casting qui lui confère un intérêt notable: on retrouve Gregory Peck, zen, impérial, à la présence en béton armé, face à Ava Gardner, terrassée de mélancolie et de tristesse infinie et qui étonne par son jeu inhabituel: une femme en sursis que l’alcool a fait plonger bien bas (rôle de composition?). A leurs côtés, Anthony Perkins, un an avant Psychose, faisant ses marques à tâtons (mais plutôt correctement) et Fred Astaire, à des antipodes de ses films dansés et chantés, en vieux scientifique désabusé. En pleine guerre froide, cet opus de Kramer surprend par son traitement intimiste inattendu sur l’apocalypse, déçoit par son manque d’action, mais garde une certaine aptitude à décrire l’attente de la mort en se réfugiant dans l’alcool et dans les affres de l’amour.

ANNEE DE PRODUCTION 1959.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Kramer refuse tout sensationnalisme et opte pour une fable SF intimiste. Scénario longuet et séquences superflues. Excellente distribution de Peck à Astaire, en passant par Ava Gardner. Plus déconcertant que vraiment réussi.

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