JARDIN D’ETE

Pendant leurs grandes vacances, dans un Kobe écrasé de chaleur, trois jeunes amis en mal d’aventures se questionnent sur la mort et se passionnent pour le jardin abandonné d’un ermite qui les fascine. Petit à petit, les trois garçons et le vieil homme se lient d’amitié. Ils se mettent en tête de rénover sa maison qui va devenir leur terrain de jeu et d’apprentissage le temps d’un été inoubliable.

Le cinéaste japonais Shinji Somaï, décédé prématurément en 2001, a laissé derrière lui une oeuvre relativement importante, même si ses principaux opus sortis en Europe furent Typhoon Club et Déménagement. La ressortie récente de son plus beau film, Jardin d’Eté, plus de 30 ans après sa sortie initiale, nous permet de réévaluer ce réalisateur à sa juste valeur. Très influencé par le style et l’esprit du maitre Yasujiro Ozu par le dépouillement de son récit et par l’extrême délicatesse avec laquelle il traite ses sujets, Somai élabore ici un conte initiatique dont les protagonistes sont trois jeunes enfants aux portes de l’adolescence, se liant d’une amitié surprenante avec un vieillard ermite qui les fascine. L’insouciance de la jeunesse rencontre la sagesse des anciens par le biais d’une mise en scène toujours discrète et à hauteur de ses personnages. Le film bouleverse par son émotion ténue, son approche très fine de l’existence, de sa brièveté, et enfin de la mort, aussi soudaine et injuste soit elle parfois. Jardin d’Eté accorde une grande importance au réalisme sans délaisser pourtant l’onirisme et la poésie, passant de la comédie au drame en un rien de temps, avec une remarquable fluidité narrative. L’apothéose émotionnelle vient avec la séquence du dernier adieu, où bien qu’aucune larme ne coule, on sent les déchirements des coeurs, l’insubmersible douleur de ceux qui restent.

L’acteur japonais Rentaro Mikuni incarne le senior solitaire voyant sa vie chamboulée par l’irruption de ces gosses épris de connaissance, curieux de son expérience de vie, désireux de s’en faire un ami. Le film bénéficie en outre d’une lumière estivale éclatante et les scènes de jardinage possèdent une beauté particulière, en forme de métaphore du passé que l’on défriche en ravivant ses souvenirs. En se penchant sur ce puits magique qui ferme brillamment le film, les enfants semblent regarder en face leur propre avenir et s’envolent tels de petits papillons. Une très belle oeuvre à découvrir d’urgence.

ANNEE DE PRODUCTION 1994

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du cinéma japonais majuscule du regretté Shinji Somai: délicatesse et subtilité de la narration, réalisation influencée par Ozu. Une approche de la vie et de la mort qui étreint le coeur.

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