A Amsterdam, Colette, une jeune prostituée, reçoit en pleine nuit un appel téléphonique. Une inconnue lui demande un service en forme d’appel au secours: aller chercher son garçon et le lui ramener. Mais cet enfant, un dénommé Billy, approche en fait dangereusement de l’âge adulte, naviguant aux frontières d’une période dite ingrate. Quand Colette ramène Billy à sa mère, hélas cette dernière est déjà morte…
Après avoir scénarisé les deux derniers films de Patrice Leconte de la décennie 90 (Une Chance sur deux et La Fille sur le Pont) , Serge Frydman décide de passer lui aussi à la réalisation avec ce tout premier long métrage intitulé Mon Ange. Et d’offrir un écrin tout particulier à Vanessa Paradis, déjà héroïne des films cités au dessus, un rôle sur mesure pour son talent d’actrice inné. Bonne idée sur le papier! Mais à l’arrivée, hélas pas de quoi crier victoire! Faute justement au scénario, peinant clairement à décoller, avec cette histoire de pute au grand coeur (quoique paumée sur les bords) prenant sous son aile un ado orphelin, elle qui ne rêve que d’avoir un petit bébé rien qu’à elle! Après une première demie heure accrocheuse aux dialogues plutôt inspirés, Frydman dévisse vers des réparties d’une mièvrerie invraisemblable, faussement poétiques et souvent susurrées du bout des lèvres: un style plus agaçant que séduisant. Une tendresse latente ressort par moments fugaces dans ce couple improbable, le souci est que la majorité du temps le bavardage prend le dessus et l’action patine: en fait, le film fait du sur place! Au fond, quels sont les enjeux de la narration? Se demander si Colette, jolie comme un coeur, va céder à l’amour éclatant que lui porte très vite le jeune Billy? Sans suspense aucun, la réponse est oui évidemment!
Alors concentrons nous sur le « meilleur »: le jeu des comédiens. Vincent Rottiers, gueule d’ange blessée, apporte une sensibilité certaine à son personnage d’enfant abandonné et se place parmi les jeunes espoirs du cinéma français les plus talentueux. Et Vanessa! Un poème d’amour à elle toute seule: d’une beauté fracassante, elle rentre dans la peau de cette prostituée à bout de nerfs et la rend émouvante, perdue dans une solitude abyssale que ce grand « enfant » vient perturber. Le recours aux rêves et les roucoulades sous la pluie ont beau être des éléments ultra romantique dans la fiction, Frydman en abuse de trop! Mon Ange reste à ce jour son seul essai derrière la caméra. Pas surprenant!
ANNEE DE PRODUCTION 2005.



