SORRY BABY

Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après…

Qu’il fait bon découvrir des oeuvres sensibles et prometteuses issues du cinéma américain, tournées en dehors des studios et loin des machins formatés qui inondent les écrans chaque semaine! Sorry, Baby rentre fièrement dans cette catégorie par la grâce infinie qui accompagne sa réalisation. Sur un sujet brutal, le scénario, découpé en cinq chapitres distincts, radiographie les ravages d’un choc traumatique sur la vie d’une jeune fille à peine rentrée dans l’âge adulte. Mais attention, point de lourd mélodrame ici, chaque élément est amené avec une grande délicatesse, le traitement presque caressant rend la violence de ce que l’on ne voit pas d’autant plus forte. Eva Victor, jeune cinéaste dont c’est le premier travail derrière la caméra, sait doser l’émotion, la légèreté et trouve même le moyen d’ajouter de la gaieté là où d’autres auraient sorti les violons et dégainer un pathos appuyé. Son film sent le vécu (il y a fort à parier que cette histoire à la fois simple et terrible soit autobiographique) et quelque chose d’apaisant ressort de ce drame aux résonnances intimes. Le ton ne manque pas d’un certain humour tout en accordant de la place aux silences, aux séquences poignantes, à la vie qui se démène pour continuer malgré tout. Le personnage d’Agnès, une fille attachante qui ne se plaint jamais, est atypique dans sa façon d’aborder son avenir plein d’embûches, et même si elle ne se voit pas vieillir, elle avance coûte que coûte portée par son amitié avec une fille qui partage son secret.

Eva Victor mérite d’autant plus d’éloges qu’elle assure aussi devant la caméra en tenant le rôle principal (on est jamais mieux servi que par soi même) et livre une prestation d’actrice touchante car toujours dans la nuance, la retenue, la discrétion. Sa partenaire, Naomie Ackie, qui fut Whitney Houston dans le biopic de 2022 et vue récemment dans Mickey 17, irradie de naturel. Sorry Baby pourrait n’être qu’un énième film de plus sur le traumatisme d’une femme à la dérive: en fait, c’est tout le contraire, c’est un très beau témoignage de résilience, empli de compassion, nous serrant le coeur durablement. Pendant et après la projection. A ne pas manquer.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Très jolie surprise que cette première oeuvre sensible et touchante sur un sujet douloureux. Derrière et devant la caméra, Eva Victor! Retenez son nom, on devrait encore entendre parler d'elle!

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