La radio a joué un rôle privilégié dans la vie de millions d’Américains. « Radio Days » est un hommage a cette ère légendaire. Ses héros sont issus d’une famille d’origine modeste, dont chaque membre poursuit un rêve distinct, alimenté par l’écoute régulière de la radio.
Pendant les années 40, les familles américaines trouvaient leur distraction par le biais de la radio et de ses émissions diverses (humour, chansons, Histoire), avant que la télévision ne rentre dans les foyers et fassent « péricliter » cette tradition. Avec Radio Days, Woody Allen rend bien sûr un hommage vibrant à ses jeunes années d’enfant juif nourri au rituel de la radio, évoquant aussi bien les scopitones de l’époque (l’occasion d’entendre du jazz à foison avec les titres de Glenn Miller, Artie Shaw, Benny Goodman ou Carmen Miranda) que l’Histoire (l’attaque de Pearl Harbor, l’entrée en guerre des Etats Unis, la fausse invasion de martiens relayée par Orson Welles). Le tout avec un délicieux mélange d’humour, d’ironie, de légèreté et d’esprit: Allen n’a pas son pareil pour raconter des anecdotes et des histoires croisées, à travers une série de personnages truculents (la famille juive, le gangster, la serveuse de dancing se rêvant actrice, la tante attachante qui collectionne les échecs sentimentaux, etc…). L’auteur de Manhattan nous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre comme disait Aznavour et le restitue avec une jolie patte, rappelant combien les souvenirs volés à l’éternité sont souvent les plus beaux. Par l’entremise d’une réalisation élégante, il expose une vraie tendresse pour cette nostalgie d’antan, où les gosses de quartier faisaient encore bloc et semblaient sortis tout droits d’un roman de Dickens. La voix off du petit Joe (commentant l’essentiel de l’intrigue) ne vient jamais affadir la narration, au contraire elle la dynamise et lui donne tout son sel.
Woody ne joue pas dans le film cette fois, il reprend la plupart de ses comédiens fétiches et dirigés déjà à de nombreuses reprises comme Julie Kavner, Danny Aiello, Jeff Daniels, Dianne Wiest et bien sûr sa muse, Mia Farrow, campant là le rôle de Sally, une jolie serveuse ambitionnant de jouer la comédie et mise sur la sellette par un gangster censé pourtant la buter! A noter la participation de Diane Keaton interprétant You’d be so nice to come home de Cole Porter. Niché dans sa longue filmographie entre Hannah et ses soeurs et September, Radio Days en est un segment chaleureux qu’il convient de ne pas rater.
ANNEE DE PRODUCTION 1987.



