En 1959, vendredi soir. C’était l’heure d’embarquer pour un voyage spacio temporel. La destination: les méandres du destin, via extraterrestres et peurs profondes…
La Quatrième Dimension fut certainement une des séries les plus originales et les plus suivies que le petit écran proposa à la fin des années 50 et fut crée par Rod Sterling. Elle marqua toute une génération et notamment les futurs grands réalisateurs des décennies suivantes. La Warner décida d’en produire un film de cinéma à base de quatre sketches signés par des cinéastes amateurs du genre fantastique et amoureux de la science fiction. Le premier segment revient à John Landis, papa du Loup Garou de Londres, et présente un citoyen américain en colère, laissant éclater son racisme et son ressentiment, avant de devenir lui même une victime traquée dans les couloirs du temps simultanément par des nazis, le Ku Klux Klan et des GI’s au VietNam. Un sketch au puissant message antiraciste que Landis distille certes sans subtilité, mais avec une certaine ironie. Le deuxième (sûrement le plus faible) échoit à Steven Spielberg et se déroule dans une pension pour seniors. Un mystérieux occupant a le pouvoir de replonger les vieillards dans leur peau d’enfants au cours d’une nuit magique. Plutôt gentillet et inoffensif, ce segment joue davantage sur le « surnaturel » et fait office de fable, où Spielberg laisse libre cours à son penchant pour l’enfance. Joe Dante réalise le troisième épisode (la rencontre entre une institutrice en voyage et un petit garçon qui lui présente sa famille plutôt bizarre). Dante y confirme son goût pour le cartoon, l’humour macabre et les effets visuels délirants (le chapeau du magicien contient il toujours de gentils lapins blancs?). Enfin, et il s’agit certainement du meilleur des quatre, l’ultime chapitre se passe dans un avion pris en pleine tempête avec, à son bord, un passager particulièrement perturbé et persuadé de voir un gnome se balader sur une des ailes et endommager les moteurs. Une excellente variation sur le thème du monstre et de la folie névrotique, angoissante à souhait et mise en images par George Miller, le célèbre réalisateur australien de Mad Max.
Du côté de la distribution, on retrouve Dan Aykroyd et Albert Brooks pour un prologue de cinq minutes nous mettant bien en appétit, puis les sketches sont joués par Vic Morrow, Scatman Crothers, Kathleen Quinlan, Kevin MacCarthy, John Lithgow. Pour la musique, Jerry Goldsmith reprend bien sûr le fameux thème de la série originelle composé par Marius Constant, histoire de refamiliariser le public avec des notes ancrées dans leurs mémoires. Comme presque tous les films prenant pour structures plusieurs petits numéros, l’ensemble souffre d’inégalité et de baisse de régime, pourtant cette version cinéma de La 4ème Dimension ne démérite pas et se laisse plaisamment regarder.
ANNEE DE PRODUCTION 1983.



