MOBY DICK

La tête remplie de récits d’aventures, Ishmael s’engage en cette année 1841 à bord du baleinier Le Pequod que commande le capitaine Achab, un homme sombre et obsédé par une idée fixe : retrouver et tuer Moby Dick, la baleine blanche à l’origine de l’amputation de sa jambe droite et d’une balafre au visage. Il comprend vite que la campagne de pêche qui débute ne sera pas comme les autres car, plus déterminé que jamais, Achab prend tous les risques, prêt à sacrifier sa vie et celle de son équipage pour mener à bien une quête aussi démente que dantesque, lancée comme un défi à Dieu…

Coutumier du changement de style et surtout de genre, le cinéaste John Huston est passé allégrement du policier (Quand la ville dort) au western (Le Trésor de la Sierra Madre), du drame psychologique (Les Désaxés) au biopic (Freud, passions secrètes). Le film d’aventures n’avait pas non plus de secrets pour lui après son formidable African Queen et c’est avec un courage méritoire qu’il s’attaque à l’adaptation d’un des plus célèbres roman d’Herman Melville, Moby Dick. Pas seulement pour en garder l’aspect foncièrement spectaculaire, mais bien pour en restituer aussi l’esprit mystique: le récit de cette quête (le personnage central, Achab, poursuit avec obstination son désir de vengeance sur une grande baleine blanche responsable de son infirmité) s’articule autour de monologues intérieurs et donc par une profusion de mots, de pensées que Huston n’hésite pas à imposer, quitte à les rendre parfois un peu indigestes. En gros, il refuse de céder à l’action simpliste que le spectateur lambda attend et de n’offrir que la lutte physique entre l’homme et l’animal. Paré d’une photographie unique, mélange de couleurs et de noir et blanc (par la grâce d’une superposition de pellicules), Moby Dick séduit largement par son esthétique sépia saisissante et son rendu visuel original, à une époque où le Technicolor pur triomphait.

Héros obscur et fascinant à la fois, Achab se voit incarné ici par un choix inattendu: Gregory Peck que l’on connaissait alors pour ses rôles d’homme charmant, positif, rassurant endosse là ce rôle complexe et tourmenté, ne craignant pas de casser son image installée de beau gosse lisse. Son jeu assez théâtral (dû essentiellement par le côté emphatique de ses répliques) a pu surprendre critiques et public, mais constitue une de ses plus belles compositions d’acteur. Dans le rôle du Père Mapple, prononçant un sermon d’anthologie sur une chaire en forme de proue, Orson Welles crève l’écran en seulement quelques minutes de présence. Il faut aussi noter la qualité des trucages avec cette baleine dantesque, réaliste, restant impressionnante aujourd’hui dans notre ère numérique aseptisée. Moby Dick, film ambitieux, détonne dans la production hollywoodienne par son double caractère: en même temps spectaculaire et « littéraire »: Huston a gagné son pari.

ANNEE DE PRODUCTION 1956.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un projet fou mené par Huston, à l'image de cette chasse acharnée entre un capitaine et le cachalot qu'il traque sans relâche. Très belles images sépia, effets visuels réussis et Gregory Peck livre un Achab "imprévu".

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