Issue d’un milieu modeste, Hélène a quitté depuis longtemps la région de son enfance, Les Vosges. Aujourd’hui, elle a quarante ans passés, deux filles et un mari qu’elle n’aime plus. Elle fait un burn out total à son travail et doit envisager de quitter Paris pour une ville plus calme. Entre Nancy et Epinal. Un soir, elle retrouve par hasard Christophe Marchal, un bel hockeyeur de ses années lycées dont elle était secrètement très amoureuse. Ils se plaisent et une idylle démarre entre eux…
C’est la seconde fois en quelques mois qu’un roman de Nicolas Matthieu se voit adapté au cinéma, après Les Enfants après eux, voici Connemara. Le titre vient évidemment de la chanson populaire de Michel Sardou et sert de chanson phare pour le final de ce film pris en charge par l’acteur réalisateur Alex Lutz. Lutz qui avait été si inspiré pour son premier long, Guy, au sujet d’un chanteur à textes et à voix et qui avait su imprimer une sensibilité particulière à sa mise en scène. Cette fois, les choses ne coulent hélas pas de source et hormis les beaux mots empruntés à l’écrivain Matthieu, Connemara peine à nous séduire autant pour plusieurs raisons. En premier lieu, le scénario (qui au demeurant conte une jolie histoire d’amour romantique) prend des chemins de traverse bien compliqués pour ce qu’il a à dire: certes, on devine les enjeux autour de la question des choix de vie, des désillusions qui s’ensuivent, des névroses que l’héroïne tente de « soigner » à travers sa psychanalyse, mais au bout d’un moment, un sentiment de « tourner en rond » vient désagréablement nous saisir pour ne plus nous lâcher. Ensuite, la profusion de flash backs, les flous artistiques et la réalisation de Lutz aussi maniérée que prétentieuse n’arrangent rien. Et pour couronner le tout, le montage, énervant à force de se vouloir « insaisissable », nous perd peu à peu, alors que pour le casting, on a envie de s’accrocher et d’apprécier.
Car oui, les comédiens relèvent clairement le niveau: heureusement, le couple formé par Mélanie Thierry et Bastien Bouillon est un joli tandem de cinéma, ils jouent tous deux leur partition sans démériter. Et puis, les seconds rôles tenus par Jacques Gamblin en papa déboussolé et Clémentine Célarié en maman bienveillante marquent des points par leur générosité et l’émotion qu’ils délivrent. Peut être que les sentiments mixés et les états d’âmes de ces deux quarantenaires issus de milieux différents passent beaucoup mieux en littérature, en tout cas en film, ca coince aux entournures!
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



