Camille, avocate et mère d’une adolescente de 14 ans, vient de se séparer de son compagnon. Elle découvre que son frère Pierrot, 50 ans, autiste, subit une sumédication qui le fait régresser. Elle décide de le prendre chez elle et de s’en occuper en attendant de trouver un lieu adapté à sa différence. Une longue quête commence…
D’abord actrice de complément pour la télévision, Hélène Médigue passe derrière la caméra pour son premier travail de réalisatrice, choisissant un thème qui lui est familier: l’autisme. Touchée de près par ce problème trop souvent ignoré dans notre société, elle décide d’en faire un long métrage sous forme de plaidoyer en faveur des personnes « différentes », souvent mal prises en charge ou mal encadrées. Une Place pour Pierrot déborde donc de bonnes intentions et Hélène Médigue ne veut pas faire l’impasse sur les réalités quotidiennes des aidants: dans le cas présent, une soeur jonglant entre son métier prenant et l’accompagnement de son frère ainé autiste vivant chez elle. D’où une certaine tendance par moments à tomber dans l’écueil « tire larmes », rattrapé heureusement par un indéniable aspect documenté. Sa mise en scène timide relève un peu du style « téléfilm » et son scénario plutôt conventionnel manque certainement d’épaisseur, pourtant la sincérité de son projet arrive à nous garder attentifs. Globalement, le ton pudique employé évite de faire du « handicap » une curiosité malsaine à décortiquer, en cela le film reste « simple » sur un sujet qui ne l’est pas.
La note la plus positive de l’ensemble revient à l’interprétation. En avocate dépassée et en colère, la trop rare Marie Gillain apporte autant de fragilité que de force à son personnage de soeur aidante. Gregory Gadebois, surtout, mérite des louanges pour la sobriété qu’il met à incarner ce colosse autiste, attachant et imprévisible. L’émotion nait essentiellement de son jeu nuancé dans un rôle casse gueule sur le papier. L’apport des autres comédiens (Vincent Elbaz, Pierre Mille, Marianne Basler) ne doit pas être pris pour quantité négligeable. Bien sûr, les maladresses de débutante sont bel et bien là, mais on se laisse porter sans mal dans cette histoire qui sent le vécu.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



