COLLISION

Deux voleurs de voitures de race noire. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police blancs dont un raciste. Une femme au foyer et son mari district attorney. Tous vivent à Los Angeles. Aucun ou presque ne se connait, pourtant leurs routes vont se croiser et cela va révéler ce qu’ils ne veulent pas voir, ce qu’ils cherchent à dissimuler…

D’abord scénariste de poids (Million Dollar Baby), Paul Haggis passe à la mise en scène avec ce premier long métrage écrit au cordeau, présentant l’Amérique post 11 Septembre avec une acuité remarquable. Les attentats du World Trade Center ont brisé l’invincible Rêve Américain, fragilisé les certitudes du pouvoir en place, et Haggis saisit ce sentiment à travers le destin de plusieurs personnages, citoyens de L.A, certains ouvertement racistes, d’autres tentant de lutter contre leurs préjugés, mais tous vont à un moment ou un autre être confrontés à une situation où la couleur de peau de leur adversaire/agresseur/employé de maison etc… entre en ligne de compte. Haggis veut faire la démonstration d’un pays qui va mal, de fractures très nettes entre les différentes « races », la paranoïa galopante qui envahit la ville et il y parvient à coups d’effets de mise en scène, de cadrages nerveux, d’une violence montrée ou suggérée quasi constante. L’intelligence du propos se ressent dans un refus de manichéisme simpliste, dans des séquences où l’on croit détenir UNE vérité alors qu’elles sont multiples et complexes justement. Collision se penche sur le quotidien des minorités, soit disant bienvenues et bien traitées aux Etats Unis, sur le regard que porte sur eux la majorité blanche, et Haggis ne craint pas de faire de l’étude sociale à proprement parler. Dans un ensemble globalement de très belle tenue, deux bémols peuvent toutefois être reproché: le montage, inutilement maniéré, et surtout une utilisation intempestive de la musique, devenant un élément dévorant.

Collision possède également une distribution à la fois cohérente et fort bien dirigée: des noms comme Thandie Newton, Don Cheadle, Terrence Howard que l’on découvre vraiment dans leurs belles capacités dramatiques face à d’autres plus « confirmées » (et très à leur place) comme Matt Dillon en flic raciste, Ryan Philippe en coéquipier pas si angélique que prévu, Brendan Fraser un peu terne en procureur. Et puis Sandra Bullock, la plus « bankable » de tous, crédible et étonnante en femme au foyer colérique, sortant enfin de ses nombreux rôles plus ‘faciles ». Dans ce choc des mondes, la ville de Los Angeles, filmée beaucoup en mode nocturne, représente presque un personnage à part entière, un lieu d’insécurité et de violence larvée. Du cinéma américain qui a des choses à dire et qui ne prend pas de gants avec une certaine réalité.

ANNEE DE PRODUCTION 2005.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une étude sociale sur l'étendue du racisme en Amérique, après la déflagration des attentats du 11 Septembre. Paul Haggis, excellent scénariste s'avère un bon réalisateur. Excellent casting aussi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Une étude sociale sur l'étendue du racisme en Amérique, après la déflagration des attentats du 11 Septembre. Paul Haggis, excellent scénariste s'avère un bon réalisateur. Excellent casting aussi. COLLISION