Mehdi a prévu de passer un été tranquille dans la somptueuse demeure de ses beaux-parents. Cependant, dès son arrivée, un conflit éclate entre la famille de sa fiancée et le couple de gardiens de la villa. Comme Mehdi est issu d’un milieu modeste, il pense pouvoir mener les négociations entre les deux parties et ramener tout le monde à la raison. Pourtant, tout s’envenime….
Auteur de Douches Froides et de Happy Few, Anthony Cordier est un réalisateur français qui tourne peu ( 4 longs en 20 ans) et cette fois, il s’attaque à un genre pas forcément évident ; la satire sociale. Comme son titre l’indique sans détours, Classe Moyenne traite frontalement de la lutte des classes sur un mode comique et décapant. Soit un couple de bourgeois assez pédants affrontant le couple de gardiens qu »ils emploient et exploitent depuis sept ans et qui se rebellent soudainement, réclamant leur dù! Bien sûr, ce pitch ouvre la voie à des réparties truculentes, des situations décalées et se veut une critique assumée du capitalisme. Avec un esprit proche du Parasite de Bong Joon-Ho, Cordier accorde autant de soin à son récit qu’à sa réalisation, honnête et relativement inspirée. Le film réserve quelques moments vraiment drôles, d’autres plus acides, mais curieusement l’ensemble souffre un peu de ne pas oser aller aussi loin qu’attendu. Contrairement au chef d’oeuvre coréen cité plus haut, Classe Moyenne se contente d’être gentiment féroce (ce qui suffit déjà à passer un bon moment). Les joutes verbales et conflits (y compris physiques) entre les couples demeurent les passages les plus jouissifs, grâce à un beau quatuor d’acteurs.
Laurent Lafitte, faussement sympa à l’extérieur et imbuvable à l’interieur, utilisant le latin de manière hautaine, s’avère une nouvelle fois excellent face à Elodie Bouchez, rare dans les comédies et plutôt bien crédible. Ramzi Bedia incarne le gardien pétant les plombs et cerise sur le gâteau, Laure Calamy s’éclate dans le registre goguenard peste, ne perdant jamais son sourire narquois. Une véritable nature d’actrice. Le jeune Sami Outalbali, non content d’être charmant, n’a pas à rougir devant ses aînés dans le rôle du « médiateur ». Volontiers un peu caricatural, le film fonctionne beaucoup par leur évident plaisir à jouer ces rapports de classe grinçants. Hormis quelques réticences, Classe Moyenne constitue un divertissement très honorable.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



