Becca et Tyler, deux tous jeunes ados, sont envoyés en Pennsylvanie dans la ferme isolée de leurs grands parents. Ces derniers imposent vite des règles étranges et leurs comportements effrayants font basculer l’agréable séjour familial en pur moment d’effroi. Quelque chose de malsain sommeille et les enfants voient leurs chances de s’en sortir diminuer de plus en plus…
Après de véritables déceptions comme La Jeune fille de l’eau ou After Earth, le réalisateur M. Night Shyamalan semble vouloir revenir à un type de production plus modeste et remarche sur les traces de ses premières recettes: le conte horrifique surnaturel. S’il ne parvient pas à renouer avec l’excellence de Sixième Sens (son incontestable grande réussite), il fait un come back plutôt futé avec The Visit. Se servant des techniques de filmage utilisées notamment pour Le Projet Blair Witch (à savoir les personnages tenant eux mêmes une caméra et filmant l’action en train de se produire « sur le vif »), Shyamalan joue avec le procédé du « found footage » (un mini film dans le film censé être une trace en images de la terreur vécue par les deux ados de l’histoire). Pendant plus de 50 minutes, hormis un ou deux jumps scares relativement efficaces, The Visit traine assez en longueur, sans véritablement faire peur, le script suggère que les grands parents ne sont pas simplement « gentils » en apparence, qu’ils cachent de lourds secrets, qu’ils sont même sans doute pas mal givrés pour tout dire! Pour autant, l’intrigue prend un peu trop son temps, ayant parfois raison de notre patience. Sur des idées piquées à Insidious ou à Paranormal Activity, le huis clos de cette ferme sert d’élément stressant et augmente bien sûr l’angoisse ressentie, en prime les bruitages, les portes qui grincent, les parties de cache cache partent en « vrille » etc…
Les deux jeunes sont interprétés par Olivia deJonge et Ed Oxenbould, des ados sans charisme particulier, un peu passe partout (sans doute pour permettre une identification plus immédiate), tandis que les seniors inquiétants (Peter MacRobbie et Deanna Dunagan) savent bien passer de faciès faussement apaisants à des trognes flippantes. Shyamalan intègre des moments « comiques » pour détendre l’atmosphère et s’éloigner des produits de terreur frontale qui inondent les écrans: cette idée ingénieuse prouve qu’il n’aime rien tant que le côté ludique du cinéma. Cette perfidie rend cette visite chez Papy/Mamie sinon complètement emballante, plutôt originale.
ANNEE DE PRODUCTION 2015.



