Lola Burns est une vedette de cinéma considérable, épiée dans tous ses faits et gestes par une presse avide de potins. Elle désire changer de vie, excédée par une vie infernale et entourée par des vautours (père alcoolique, frère profiteur). Pour montrer qu’elle est une femme respectable au public, elle annonce vouloir adopter un enfant, mais Hanlon, son agent, va bouleverser ses plans…
Bombshell, titre original à largement préférer à celui utilisé pour son exploitation française Mademoiselle Volcan (ridicule!), peut sans nul doute se vanter de contenir deux films en un! Le premier se présente comme un quasi documentaire sur son actrice principale, Miss Jean Harlow, star du début du parlant, blonde platine sensuelle et ultra médiatisée tout comme le personnage qu’elle endosse ici, jouant ainsi son « propre » rôle. De ce point de vue, Bombshell est très audacieux pour l’époque, car il ose montrer les dessous de la célébrité, la cadence infernale des tournages à répétition, de la promotion et de tout ce « cirque » entièrement consacré aux médias et au public. Histoire de rappeler que le métier d’actrice et de star n’est absolument pas de tout repos et surtout qu’il a ses contreparties franchement négatives. Tourné à peine quelques mois avant l’élaboration du Code Hays, le film se permet une vision sans concessions stupéfiante, loin du portrait très lisse que Hollywood aime offrir de ses vedettes. Puis, c’est également une comédie féroce, une satire acerbe du milieu du cinéma, avec ses hypocrites, ses profiteurs, son argent tout puissant régissant toutes les actions des uns et des autres. Derrière la caméra, Victor Fleming, futur auteur de Autant en emporte le vent et Le Magicien d’Oz, se régale à décrire l’envers d’un décor en apparence doré mais pourri de l’intérieur, surtout qu’il le fait avec humour et panache! Et puis, mine de rien, il y a de petits instants émouvants lorsque Lola semble si désireuse de mener la vie de « madame tout le monde » et exprime son besoin de maternité…
Jean Harlow n’aura hélas elle même jamais l’occasion de vivre une existence « normale », prise dans le tourbillon du succès vécu trop jeune trop vite, ce qui rend cette mise en abime très troublante, un peu triste aussi. Elle s’y révèle en tout cas fine comédienne, débitant ses répliques avec aplomb, passant par différents états (colère, excitation, dynamisme, romantique) et Bombshell prouve qu’elle méritait sûrement mieux que les rôles de blonde écervelée qu’on lui a fait tenir dans sa courte carrière. Elle éclipse sans mal ses deux partenaires masculins, Lee Tracy (au physique ingrat) et même le « beau gosse du moment » Franchot Tone, insipide acteur oublié. Bien avant Les Ensorcelés ou Boulevard du Crépuscule, Bombshell est une oeuvre dans laquelle Hollywood sait se montrer impitoyable avec lui même!
ANNEE DE PRODUCTION 1933.



