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PROPRIÉTÉ INTERDITE

Pendant la crise économique des années 30, un agent des chemins de fer, Owen Legate, est envoyé à Dodson, petite bourgade du Mississipi, avec pour mission de fermer une large partie des activités ferroviaires (la principale source de revenus de la ville), et de licencier du personnel. Il rencontre Alva Starr, jeune fille perdue et principal attrait de Dodson, et entame avec elle une relation amoureuse. Les deux amants devront alors échapper aux griffes de Hazel, la mère d’Alva, cupide et mauvaise…

Propriété Interdite marque les débuts éclatants de Sydney Pollack à la réalisation, perpétuant la grande tradition du cinéma américain, avide de récits romanesques et sociaux. Situé comme La Fièvre dans le Sang de Kazan pendant la Dépression consécutive au krach boursier, le film est tiré d’une pièce de Tennessee Williams (dont on reconnait facilement le style) et c’est sa dimension psychologique qui frappe d’emblée: Pollack dépeint des êtres empêtrés dans leur destinée, survivant grâce à la force de leurs rêves (surtout Alva, l’héroïne) et se heurtant à la réalité souvent dure de l’existence. Dans une atmosphère moite (rappelant Un Tramway nommé Désir), Propriété Interdite n’affiche pas immédiatement son côté mélodramatique, bien que la conduction du récit nous y mène inévitablement. Par la belle photographie du chef opérateur James Wong Howe (aux couleurs chaudes), l’ambiance y est presque onirique, vaporeuse, ce qui tranche avec cette pension sordide attenante à un chemin de fer, symbole de désir d’évasion dont on parle tout au long de l’intrigue. Alva, jeune fille à la fois victime de son milieu et manipulatrice avec les hommes, n’a qu’une obsession: s’enfuir, s’émanciper d’une mère toxique et peut être qui sait aimer et être aimée. Le personnage d’Owen se présente comme sa seule voie de secours. Malgré une petite baisse de régime en cours de route, Pollack maitrise plus que correctement sa mise en scène alliée à une richesse d’écriture remarquable.

Et puis, il y a ce couple! Robert Redford/ Natalie Wood viennent alors de se croiser sur un autre film tragique, le très beau Daisy Glover, et Pollack les réunit de nouveau pour jouer ces amoureux contrariés par les événements. Lui, beau à tomber y endosse un de ses premiers grands rôles importants, elle, yeux marrons si expressifs, déploie toute l’intensité de son jeu, rappelant sa performance habitée de La Fièvre dans le Sang. Difficile de l’oublier une fois qu’on l’a vu sur un écran! Propriété Interdite, conçu comme un poème lyrique, se donne les moyens de ses ambitions et annonce déjà en creux les beaux mélodrames futurs que seront Nos plus belles années et Out Of Africa. Beaucoup moins connu, celui ci est en tout cas à réévaluer sans tarder.

ANNEE DE PRODUCTION 1966.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un bien beau mélo ouvrant la voie à Sydney Pollack pour un cinéma à la fois intelligent et populaire. Natalie Wood et Robert Redford sont éclatants de beauté et de talent.

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