Vérité ou imposture? La jeune réfugiée découverte en 1928 à Paris serait elle la véritable princesse Anastasia, la cadette du Tsar Nicolas II de Russie? Elle serait la seule rescapée du massacre de sa famille par les Bolcheviks! C’est ce que deux escrocs tentent de faire croire afin de toucher la fortune du Tsar…
La légende qui entoure le mystère autour du personnage d’Anastasia (fut elle ou non la fille du Tsar, prétendument épargnée lors du massacre de son illustre famille?) ne pouvait que faire l’objet d’une pièce de théâtre, signée Marcelle Maurette, longtemps jouée à Paris et qui devint tout naturellement un film de cinéma. Hollywood se pencha sur la question et dépêcha par le biais de la Fox le réalisateur ukrainien Anatole Litvak, auteur de l’excellent Fosse aux Serpents. Cette fois pourtant, Litvak n’aura pas la même inspiration étonnante et se planque derrière un académisme bien poussiéreux, surtout parce qu’il ne réussit guère à sortir du carcan théâtral dans lequel le récit est engoncé. D’où une réalisation certes pas maladroite, mais qui sent un peu la naphtaline, en carence évidente d’audace et d’originalité. Anastasia ne compte dès lors plus que sur son texte alliant la mythomanie, l’escroquerie, l’identité bafouée, à tel point que l’on ne sait plus très bien si cette femme est une aventurière cupide ou la vraie victime de son amnésie. Soulignons tout de même la qualité des costumes et des décors de studio (un Paris de carton pâte puisque le tournage a eu lieu à Londres!).
Le film ne tiendrait sans doute pas debout sans son actrice vedette! Ingrid Bergman revient à Hollywood, après ses années d’exil italien, auprès de Rossellini et cherche l’assentiment du public américain! Elle se démène pour ce rôle qui lui permet d’explorer plusieurs facettes de son registre et elle en sera récompensée par un Oscar très bienvenu qui lui rouvre les portes d’une carrière presque mise entre parenthèses (du moins aux Etats Unis). Yul Brynner, à l’affiche la même année en Ramsès 2 dans Les Dix Commandements, joue les cosaques instructeurs tombant sous le charme de son ‘élève ». Et sous les traits de l’impératrice douairière, on a le grand plaisir d’admirer Helen Hayes, surtout comédienne à Broadway, dans la fleur de l’âge et qui apporte une émotion palpable dans un ensemble hélas trop guimauve. Globalement acceptable, surtout pour ce casting de choix!
ANNEE DE PRODUCTION 1956.



