Vienne en 1906: Frantz Lobheimer vient de rompre la discrète liaison qu’il entretenait avec une baronne mariée. Il vient de rencontrer la jeune et tendre Christine, une fille sans dot qui l’éblouit immédiatement par sa beauté. Seulement peu après, le baron mis au courant de l’infidélité de sa femme, vient lui demander des comptes et surtout le provoque en duel… Frantz, trop amoureux de Christine et désireux de l’épouser, ne peut se résoudre à lui en parler.
La nouvelle d’Arthur Schnitzler Liebelei avait déjà eu les faveurs du cinéma par le biais plutôt classieux de la caméra virevoltante de Max Ophuls. Ce mélodrame romantique, interprété à l’époque par Magda Schneider, refit surface plus de vingt ans après lorsque Romy Schneider venait de triompher dans la série des Sissi. Le producteur Henri Baum initia donc un remake appelé Christine afin de faire jouer à la nouvelle idole ce rôle tenu jadis par sa mère! Le réalisateur français Pierre Gaspard Huit, longtemps assistant, dirige cette opération sans hélas jamais pouvoir prétendre arriver à la cheville du style flamboyant d’Ophuls. Alors pour faire illusion et planquer une mise en scène sans saveur, il met le paquet sur les costumes d’époque, les décors clinquants, la figuration, et laisse son récit faire le reste. Bien sûr, l’histoire de cet amour passionné entre deux jeunes gens aussi beaux que plein d’avenir émeut par son caractère tragique, mais il faut bien reconnaitre que le traitement ne dépasse pas le stade du « bonbon acidulé » à visée larmoyante. Christine manque cruellement de « complexité » narrative, d’un point de vue solide et surtout d’une direction d’acteurs à la hauteur!
Heureusement l’affiche et le casting comblent un peu les carences. Romy Schneider donc tient le rôle titre, charmante comme tout, encore bien jeune et pas aussi accomplie dans son jeu qu’elle ne va le devenir, mais sa présence compte beaucoup. Et puis, un tout jeune premier, quasiment jamais vu jusqu’alors, a été choisi pour être son partenaire et il s’appelle Alain Delon. L’officier amoureux et beau comme un Dieu, c’est lui! Pour un débutant, on peut dire qu’il en impose déjà sacrément! L’idylle que Romy et Alain vont entamer sur le tournage a apporté une énorme publicité au film bien entendu. A leurs côtés, des comédiens aguerris comme Fernand Ledoux, Micheline Presle et Jean Claude Brialy en bon copain du héros jouent tous comme il se doit. Un mélodrame niais auquel on peut largement préférer l’original.
ANNEE DE PRODUCTION 1958.



