L’ETRANGER

Algérie 1938. Meursault, citoyen sans histoires, apprend la mort de sa mère. Il se rend aux funérailles où il ne montre aucune émotion particulière. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, une collègue de bureau et reprend sa vie de tous les jours. Son voisin vient perturber son quotidien en l’entrainant dans une histoire louche de règlements de comptes autour d’une affaire de moeurs. Meursault tue un arabe de sang froid sur une plage écrasée par le soleil…

Voici déjà plus de 25 ans que François Ozon nous délivre, mine de rien, quasiment un long métrage par an, avec un rythme de métronome, parfois en nous enthousiasmant, souvent en nous emballant, rarement en nous décevant. Pour son 24e film, il adapte à la surprise générale un des romans les plus célèbres du XXe Siècle, L’Etranger d’Albert Camus. A la fois fidèle au matériau de base et s’en éloignant un peu en délaissant les lignes les plus connues (Aujourd’hui Maman est morte….), il garde surtout en ligne de mire l’aspect philosophique prégnant de ce roman se déroulant en Algérie pendant la colonisation et traduisant l’absurdité de la condition humaine. En décrivant la trajectoire de vie et de mort d’un personnage insaisissable, comme absent au monde qui l’entoure, Ozon met en images l’indifférence, l’insensibilité, ou le fatalisme (selon le point de vue) et il évite d’avoir recours à un procédé « facile »: celui de la voix off souvent bien trop explicative. Justement pour donner chair à cet homme égaré dans un univers privé de sens, il valait mieux l’observer, le suivre à la trace et tenter d’en extirper des bribes d’humanité. Dans cette optique, le noir et blanc très « léché » qu’il utilise, après l’avoir expérimenté avec Frantz, épouse parfaitement les contours mystérieux de cet antihéros taiseux et qui « parle peu parce qu’il n’a rien à dire », ni pour sa défense, ni pour se culpabiliser davantage.

Dans ce rôle taciturne, presque inexpressif, Benjamin Voisin impose une force tranquille qui irradie à l’écran et confirme tous les espoirs mis en lui depuis Eté 85. Rebecca Marder retrouve Ozon deux ans après Mon Crime jouant l’amoureuse essayant à tout prix de faire craquer la neutralité de son amant. Pierre Lottin, Denis Lavant, Mireille Perrier, Swann Arlaud et Christophe Malavoy (pas vu depuis des lustres au cinéma!) font également partie du casting. Ozon met particulièrement sa patte dans certains plans (les corps filmés de manière très érotique, y compris dans la scène du meurtre) et son traitement entre onirisme et surréalisme peut être applaudi des deux mains! Finalement, il n’est jamais là où on l’attend et son cinéma s’étoffe de plus en plus, au fil des ans.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Ozon réussit là où Visconti s'est cassé les dents: adapter Camus avec style, un noir et blanc très à propos et un acteur en état de grâce; Benjamin Voisin.

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