AccueilCritiquesDrameLA DISPARITION DE JOSEF MENGELE

LA DISPARITION DE JOSEF MENGELE

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Josef Mengele, médecin nazi du camp d’Auschwitz, parvient à s’enfuir en Amérique du Sud pour refaire sa vie dans la clandestinité et ainsi se soustraire à tout procès. Celui que l’on a baptisé « L’Ange de la Mort » organise alors sa méthodique disparition, comptant sur le soutien de rares anciens amis…

Kirill Serebrennikov « abandonne » l’âme russe de ses précédents films, La Femme de Tchaîkovski et Limonov, la Ballade, et adapte le Prix Renaudot 2017 du roman éponyme d’Oliver Guez. Il nous convie à l’instar de la première séquence (un cours d’anatomie sur un véritable squelette humain -appartenant au Josef Mengele du titre) à l’exploration viscérale du Mal, dans sa terrible banalité, dans les recoins les plus sombres de la psyché de ce médecin nazi fugitif réfugié depuis la fin de la Guerre dans un pays d’Amérique du Sud. Serebrennikov déploie de nouveau une virtuosité de mise en scène qu’il serait difficile de ne pas lui reconnaitre et propose une sorte de récit d’espionnage dans lequel il décrit la traque et surtout la vie entièrement cachée d’un homme incapable d’ouvrir les yeux sur ses actes, un tortionnaire cultivant la haine de tout ce qui n’est pas « allemand » et continuant à justifier ses agissements criminels comme des faits nécessaires. Dès lors, ce voyage malaisant nous conduit de l’Argentine au Brésil, de la RFA en Suisse, passant des années 50 aux années 70 avec une fluidité impressionnante. L’utilisation du noir et blanc, à bon escient, permet une distance supplémentaire avec le sujet, avant qu’en plein milieu du film, une séquence d’environ 10 minutes vienne nous heurter l’oeil. Par le fait qu’elle soit en couleur, filmée en 8mn, et surtout montrant frontalement les horreurs commises dans les camps de la mort au bout d’expériences scientifiques abominables. Outre qu’elle soit d’une dureté inouïe, on peut trouver que cette parenthèse verse quelque peu dans la complaisance.

A la différence de Jonathan Glazer qui était resté inflexible sur la représentation de la Shoah dans La Zone d’Intérêt (en restant hors champ), Serebrennikov cède à la tentation voyeuriste assez regrettable et dont on peut questionner l’utilité réelle. Hormis cette réserve, sans doute que l’ultime tiers traine un peu en longueurs (concernant les derniers mois du bourreau et sa probable noyade à Sao Paulo). La Disparition de Josef Mengele doit en tout cas être vu aussi pour la composition magistrale de l’acteur allemand August Dielh, dont le jeu imparable nous fait croire en permanence à son rôle si haïssable. Et installe définitivement Kirill Serebrennikov parmi les réalisateurs actuels tout à fait indispensable.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Nouvel opus du russe Serebrennikov, décidément doué! Mise en scène au top, récit malaisant. Juste un peu trop long. August Dielh crève l'écran.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Nouvel opus du russe Serebrennikov, décidément doué! Mise en scène au top, récit malaisant. Juste un peu trop long. August Dielh crève l'écran. LA DISPARITION DE JOSEF MENGELE