Depuis plus de 20 ans, Lee et sa soeur Bessie ont coupé les ponts. Indépendante et fière, Lee élève seule ses deux garçons, dont l’ainé Hank fait des séjours en hôpital psychiatrique pour des faits de délinquance. Un jour, Lee reçoit le coup de fil de Bessie qui vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une leucémie et qu’elle cherche un donneur pour une greffe de moelle épinière. Lee et Hank viennent à sa rescousse..
Le dramaturge Scott Mac Pherson a écrit ce texte pour le théâtre avant de l’adapter pour un scénario de long métrage. On sent d’ailleurs très franchement ce passage de la scène à l’écran, surtout parce que le réalisateur allemand Jerry Zaks dont c’est le premier (et seul long métrage) encore à ce jour ne sait clairement pas comment dynamiser cette intrigue de rapports houleux entre deux soeurs fâchées et réunies pour des raisons « médicales »: elles reviennent sur leur passé, dissèquent l’origine de leurs disputes, tentent de renouer un dialogue à défaut de liens très forts. Simples Secrets ne sort jamais du pesant postulat de départ: celui d’un psychodrame familial ne brillant pas par son originalité ni même son traitement. Les malentendus entre les deux femmes se sont répercutés sur les relations entre Lee et son fils adolescent à problèmes, tandis que Bessie, la seconde, n’a plus que son père agonisant et une vieille tante à moitié sénile comme seuls compagnons du quotidiens. Hélas, ce qui fonctionne sûrement dans une pièce de théâtre coince quelque peu au cinéma, surtout en l’absence d’une vraie vision et d’un point de vue pertinent. Du coup, Simples Secrets ne repose que sur une multitude de scènes où la charge lacrymale pèse une tonne (à moins d’avoir le coeur définitivement sec, les larmes peuvent nous monter aux yeux) et sur la réunion d’un casting en or massif!
Dans l’un de ses premiers rôles d’ado rebelle et encore gracile, à quelques encablures de Titanic, Leonardo Di Caprio incarne le jeune homme buté, refusant d’abord d’aider sa tante pour être son donneur de moêlle, et son jeu apparait déjà affirmé. Robert de Niro tient un petit temps de présence en médecin annonciateur de mauvaises nouvelles. Et c’est surtout le tandem féminin qui tire le film vers le haut: Meryl Streep/Diane Keaton: deux actrices exceptionnelles qui n’avaient jamais tourné ensemble et qui rendent ces deux soeurs forcément émouvantes. Rien que pour elles, cette oeuvre bien banale peut justifier une vision.
ANNEE DE PRODUCTION 1996.



