1982. François Mitterrand lance un concours d’architecture anonyme sans précédent pour la construction d’un édifice emblématique dans l’axe du Louvre et de l’Arc de Triomphe. À la surprise générale, c’est Johan Otto von Spreckelsen, un architecte danois de 53 ans, qui l’emporte. Il est alors propulsé à la tête du plus grand chantier de l’époque. Et s’il entend bâtir sa Grande Arche telle qu’il l’a imaginée, ses idées vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique….
Après deux long métrages La Fille au Bracelet et Borgo dont la rigueur d’écriture avait laissé admiratif critiques et public, le cinéaste français Stéphane Demoustier s’intéresse cette fois à l’évocation d’un fait réel: l’élaboration de la Grande Arche de la Défense sous la présidence de François Mitterrand et prévue pour coïncider avec le bicentenaire de la Révolution.Il entend décrire l’obstination de l »architecte danois Spreckelsen pour faire valoir la mise en œuvre de son projet et se confronte aux technocrates et aux pouvoirs politiques et financiers. Par le biais d’un scénario très didactique revenant sur les grandes lignes des accords et des désaccords entre les différents partis, L’Inconnu de la Grande Arche captivera ceux qui aiment l’architecture, sans ennuyer les autres pour autant. Le plus pertinent restant au final le portrait d’un homme intègre dans son but artistique, radicalement opposé a ce que l’on dénature le « cube » originel qu’il a tant imaginé construire. Avec une mise en scène plutôt conventionnelle, Demoustier expose une reconstitution convenable animée par l’importance de la parole de chacun et donc des dialogues également travaillés.
L’inconnu du titre est incarné par un acteur danois que l’on découvre vraiment après plusieurs rôles discrets : Claes Bang, excellent en architecte entêté, passionné puis empêché dans son élan. Ses partenaires tirent aussi leur épingle du jeu : Xavier Dolan en Subilon (et qu’il est plaisant de revoir jouer la comédie), Swann Arlaud dans le rôle d’Andreu ( celui qui achèvera le projet) et Michel Fau se glisse dans la peau de François Mitterrand ( du moins dans la posture). Un film propre, carré et du coup un peu académique aussi tiré de l’ouvrage de Laurence Cossé La Grande Arche.
ANNEE DE PRODUCTION 2025



