LA REPENTIE

Une jeune femme récupère une valise dans une consigne de gare, s’enferme aux toilettes et en ressort en tailleur chic et lunettes noires. Elle achète un billet pour un train qui part à Nice. Un jeune homme la suit et demande la destination du train à un contrôleur. Une femme peut elle refaire sa vie quand son passé la poursuit?

Un pitch mince comme une feuille roulée de papier à cigarette pour point de départ d’un film qui devait être un événement: celui d’un énième retour d’Isabelle Adjani, star ultime, dans une oeuvre de fiction, après des années d’absence. Laetitia Masson vient alors de diriger Sandrine Kiberlain trois fois d’affilée et cherche à se renouveler. La Repentie ou l’histoire d’un mystère: suivre une femme dont on ne sait rien, prenant plusieurs identités différentes, errant dans les palaces luxueux de la Riviera Niçoise, égarée et comme en sursis et tenter de tisser autour d’elle quelque chose qui ressemble vaguement à une intrigue. Cette idée qui en vaut une autre a pourtant bien vite ses limites, des limites imposées par la réalisatrice comme obnubilée, envoûtée par son actrice et ne parvenant pas à dépasser son admiration dévorante. Alors, le catalogue de situations défile tel un rituel immuable: Adjani marche seule, danse sur la Promenade des Anglais, rentre dans des hôtels pour peut être y trouver du travail, Adjani se fait belle devant les miroirs, se maquille, regarde la mer, s’y baigne même toute habillée, rencontre ensuite un homme qui veut la payer pour être sa « dame de compagnie », etc… Et après? Rien ou presque! Le script ne sait pas où il va, ni ce qu’il veut réellement raconter, tout est seulement prétexte pour Masson à filmer la star, presque toujours en plans rapprochés, comme pour la scruter au microscope!

La mise en scène, en panne d’inspiration et surtout de consistance, se réfugie derrière le visage d’Isabelle, ses yeux bleu marine, sa présence même fascinante ne peut en tout cas constituer un film tout entier. Et que dire de ses partenaires? Le casting comprend quelques jolis noms (Catherine Mouchet, Maria Schneider, Isild le Besco, Aurore Clément et surtout Sami Frey, fantomatique et opaque), mais Laetitia Masson ne leur octroie aucune épaisseur psychologique et ils semblent faire de la simple « figuration ». Enfin, et ce n’est pas la moindre des « facilités », la réalisatrice d’A Vendre remplace tout bonnement son « récit » par une BO (du reste truffée de très bons titres de Jeff Buckley, Sinatra, Alicia Keys ou Simply Red) censée « éclairer » les états d’âmes de son héroïne. Pour le mystère, les lunettes noires, c’est un peu éculé comme idée… et La Repentie a surtout des allures de pétard mouillé!

ANNEE DE PRODUCTION 2002.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Vide abyssal du côté de la mise en scène comme du scénario, cet opus de Laetitia Masson ne parait exister que par et pour Isabelle Adjani. Noble idée qui ne fait hélas pas un film!

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