Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.
En 2018, l’actrice Isabelle Carré a publié son premier roman intitulé Les Rêveurs dans lequel elle racontait sa jeunesse et surtout son expérience en hôpital psychiatrique à l’âge de 13 ans. C’est tout naturellement qu’aujourd’hui elle passe derrière la caméra pour en signer l’adaptation et mettre en images cette histoire si personnelle. Le premier mérite de son projet est de faire la lumière sur la dépression adolescente, un sujet non seulement tabou mais très mal connu en France (rarement traité au cinéma). Elle le fait avec délicatesse et retenue pour ne pas verser dans un drame trop pesant sur une énième famille dysfonctionnelle et les conséquences sur la toute jeune fille qu’elle était. Isabelle Carré a « fait quelque chose » de ce passage dans les ténèbres du désarroi mental puisqu’elle y a puisé une énergie et surtout lui a ouvert la voie vers la création artistique. Toutes les « anecdotes » relatées sont ainsi vraies, tout comme la révélation qu’elle a eue un soir en regardant le film Une Femme à sa fenêtre et la découverte de Romy Schneider lui indiqua fortement son désir futur d’actrice. Si sa mise en scène reste modeste et sans énormes prises de risques, elle sait l’enrober par un récit assez poignant et une proximité touchante avec sa jeune héroïne en plein mal être. Les petites touches oniriques qu’elle intègre frisent un peu la naïveté, toutefois elle s’en sort très convenablement dans son traitement.
Elle a trouvé en Tessa Dumont Janod une toute jeune interprète sensible, exactement comme elle le fut alors pendant sa propre adolescence. Elle y joue Elisabeth adulte comme une évidence. A ses côtés, Judith Chemla et Pablo Pauly incarnent ses parents et Melissa Boros, vue cet été dans Alpha, endosse le rôle de sa compagne d’infortune au sein de l’établissement psychiatrique. Petites participations également de Bernard Campan, Alex Lutz et Nicole Garcia (en prof de théâtre) qui ne sont pas désagréables. Ce casting cohérent rehausse le niveau de ce joli premier film d’une actrice discrète et qui, mine de rien, habite le paysage du cinéma français depuis plus de 30 ans!
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



