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MY LITTLE PRINCESS

Dans les années 70, Hannah, photographe, demande à sa propre fille, Violetta, 11 ans, de devenir son modèle: tout bascule peu à peu dans sa vie. Du jour au lendemain, l’enfant ordinaire devient l’égérie d’un milieu branché parisien, sans tenir compte de sa précocité. A mesure que la mère pousse sa fille à prendre des poses de plus en plus suggestives et déshabillées, la tension monte…

Se raconter à travers un premier film demande impudeur, sincérité, justesse, et une bonne part de courage: on ne pourra pas enlever tous ses adjectifs au résultat final de cette oeuvre pensée et réalisée par Eva Ionesco, revenant sur sa vie intime d’enfant « abusée » par sa propre mère, artiste photographe aux sombres visions. Justement la question fondamentale que pose ce film c’est « peut on tout se permettre au nom de l’Art? »: My Little Princess décrit à la fois la névrose maternelle et ses conséquences et le bouleversement tangible vécu par une fillette alors en pleine découverte d’elle même. Eva Ionesco met donc beaucoup d’elle dans ce récit autobiographique, par un ton enragé et franc, ne prenant pas des chemins de traverse pour dire le malaise et le scabreux que l’époque (les seventies et l’après libération sexuelle) « autorisait » sans se poser trop de questions. Bien sûr, le film dénonce une relation toxique et infiniment dérangeante, comme un « inceste moral pesant » et qui fut d’autant plus grave que les photos prises furent vendues, relayées, exposées, sans la moindre interdiction au bout. La réalisatrice débutante choisit l’axe du conte de fées « trivial » pour ne pas verser dans le glauque, pourtant on ne peut pas s’empêcher de penser tout du long que c’est hélas du « vécu ». Au bout d’une heure, le rythme « toussote » un peu, les séquences se répètent et s’allongent inutilement et « exploite » finalement l’aspect voyeuriste qu’il entend condamner.

Pierre de voûte du projet, Isabelle Huppert endosse ce rôle terrible avec son aisance bien connue, passant de l’inconscience à la perversité, de la méchanceté au déni: une interprétation « monstre » de plus dans son parcours. Pour lui tenir tête, Eva Ionesco a casté des dizaines de gamines de 10/11 ans et a trouvé la perle rare en Anamaria Vartolomei. Déterminée, butée, tourmentée et finalement tardivement rebelle, elle impose un tempérament de feu qui s’est confirmé depuis dans ses nombreux rôles adultes (Maria, Les 3 Mousquetaires, L’Intérêt d’Adam). Ce film brutal et choquant (dans son propos) ne se veut pas une simple vindicte contre les mères abusives: c’est un cri de révolte en faveur de l’enfance piétinée.

ANNEE DE PRODUCTION 2011.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Dans ce drame autobiographique malaisant, Eva Ionesco nous livre sa vérité et sa douleur d'enfant abusée. Bonne mise en scène avec quelques redites dans le script à mi parcours. Isabelle Huppert est géniale terrifiante et Anamaria Vartolomei impressionnante de maturité.

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