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L’ECOLE DE LA CHAIR

Dominique, la quarantaine, bourgeoise vivant à Paris, rencontre Quentin, un beau jeune homme « gigolo » (autant avec des hommes que des femmes). Elle tombe sous son charme et l’installe chez elle, ne pensant pas que cette liaison ne peut que mal tourner…

En adaptant le roman éponyme du japonais Mishima, le cinéaste français Benoit Jacquot tend explorer l »essence d’une passion vouée à l’échec. Celle nouée entre une femme d’âge mûr et un tout jeune gigolo, aussi beau que secret sur ses origines et son passé, le lien qui les unit étant à la fois une attirance physique et bien entendu l’argent. Ici précisément ce n’est pas tant l’argent qui va tout pourrir de l intérieur, ce sont les différences très nettes qui s’installent entre eux. Elle, vivante, vibrante, capable de tout donner, lui, fuyant, se faisant constamment désirer, restant flou dans ses intentions. L’Ecole de la Chair trace le portrait d’une femme qui se voudrait libre et qui finit par être enfermée dans une relation toxique, où elle sera la seule à souffrir le plus. Jacquot regarde ses êtres à distance, aidé par son scénariste Jacques Fieschi, qui, par le biais de dialogues très écrits « intellectualise » son propos. D’où un sentiment de froideur générale qui étonne finalement, on s’attend à un film sur la passion charnelle, avec séquences de sexe et moments torrides, or Jacquot n’en filme que quelques unes et de manière assez brève. Cette étude de mœurs, plutôt « bien vue » souffre toutefois d’un montage « heurté » nuisant à la fluidité du récit. Il est évident que sans l’implication de son actrice principale, le fim perdrait presque la moitié de son intérêt.

Car il s’agit du retour d’Isabelle Huppert devant la caméra de Jacquot, après Les Ailes de la Colombe. Il la connait bien, la films avec gourmandise, met à jour des fêlures inédites de son registre et même si sa tendance à trop pleurer éclate ici exagérément, elle est irréprochable dans ses nuances, son aplomb. Son partenaire, Vincent Martinez (frère d’Olivier), une étoile filante chez les jeunes comédiens brillant par son physique de boxeur craquant et ne se débrouillant pas trop mal dans son jeu. Seul Vincent Lindon convainc beaucoup moins en transexuel précieux (on sent l’envie d’un contre emploi qui manque de « profondeur »). Bravo aux rôles plus secondaires ( Berléand, Marthe Keller, Bernard le Coq). Pas entièrement réussie, cette oeuvre recèle tout de même des qualités assez marquantes pour en justifier la vision.

ANNEE DE PRODUCTION 1998

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Jacquot adapte Mishima avec des défauts et un script pourtant séduisant. Isabelle Huppert domine de très haut une distribution de bonne tenue.

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