LA CONDITION

C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908. C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits.

Le nouveau film de Jérôme Bonnell (son neuvième) a tout du récit d’émancipation féminine se déroulant à une époque où le patriarcat régnait en maitre, que les épouses n’avaient quasiment aucun droit, que la parole des femmes était au mieux négligée, au pire tue. La Condition aborde également la lutte des classes, avec ce couple de bourgeois vivant avec leurs domestiques et dont le mari peut exploiter les silences, occasionnant des violences internes insupportables, non dénoncées. La mise en scène de Bonnell varie entre raffinement, délicatesse, et malheureusement croule aussi sous le poids de son austérité par moments soporifique. Engoncés dans des costumes d’époque étouffants, oppressés par les pièces de cette demeure certes grande mais sinistre, les personnages semblent aspirés par les décors, ne pouvant jamais exprimer leur ressenti, plus spécialement les deux femmes (l’épouse qui se refuse aux désirs physiques de son mari, la jeune domestique qu’il va mettre enceinte). La Condition évoque aussi l’amour interdit entre femmes avec une subtilité qui honore Bonnell, restituant parfaitement le tabou que cela représentait dans ce XXe siècle débutant. Le mari, homme bourreau resté finalement un « enfant » blessé rabrouant sa mère malade et alitée, n’inspire guère d’empathie, mais on peut « concevoir » qu’il est le pur produit d’une famille au passé pas très clair. Très lent dans son déroulement, le récit se dessine petit à petit, aboutissant à une fin relativement attendue.

Du côté de l’interprétation, Swann Arlaud prête ses traits à cet homme tyrannique en l’enrichissant de côtés paradoxalement un peu moins durs, pour ne pas en faire un salaud intégral et il offre un jeu réfléchi qui convainc tout à fait. Plus problématique est l’incarnation sans saveur de Victoire par la comédienne Louise Chevillotte, semblant réciter son texte de manière assez robotique. La toute jeune Galatea Bellugi, révélée dans Chien de la Casse en 2023, existe davantage avec beaucoup moins de dialogues et une présence sensible, où elle laisse pointer ses fêlures. La participation d’Emmanuelle Devos dans un rôle muet questionne sur une éventuelle erreur de casting (et ce malgré tout le talent notoire de l’actrice). Quand on sort enfin de ce huis clos pesant, dans les dernières minutes, la libération de ces deux héroïnes du joug masculin fait tressauter notre coeur et ouvre le film vers un espoir possible.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Ce 9e opus de Jérôme Bonnell laisse une impression mitigée à l'arrivée: le récit aborde des thèmes passionnants, mais la réalisation trop rigide provoque quelques baillements! Casting inégal. Swann Arlaud est irréprochable.

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