AccueilCritiquesDrameTROIS CHAMBRES A MANHATTAN

TROIS CHAMBRES A MANHATTAN

François a quitté la France où il était un grand acteur et venu s’installer en Amérique, où le succès n’est pas au rendez vous. Un soir, il rencontre Kay, une jeune femme désoeuvrée comme lui. Il l’emmène chez lui et un amour nait entre eux. Un producteur met François en garde contre ce genre de femme un peu perdue…

Melville, Renoir et Allégret se sont cassés les dents sur l’adaptation de ce roman de Georges Simenon et malgré tout leur talent respectif n’ont pas pu mener à terme le passage à l’écran de Trois Chambres à Manhattan. Marcel Carné, alors dans la dernière phase de sa carrière en net déclin après de fastueuses années 40, reprit en main le travail et s’attaqua à cette étude sociologique et psychologique de deux solitudes se croisant par hasard à New York. L’histoire de ces deux êtres, français expatriés, déçus et même fortement blessés par des amours passés malheureuses, unissent leur sinistrose et font un bout de chemin ensemble, presque par accident. On retrouve un peu difficilement l’univers cher à Simenon, si ce n’est dans la description des âmes esseulées et par l’entremise d’une ambiance poisseuse: Carné a filmé essentiellement de nuit dans les rues de Manhattan, où tout semble figé, presque mort. Dans ce drame humain déprimant, Carné ne retrouve pas vraiment sa bravoure d’antan et reste en surface niveau mise en scène: on suit cette histoire d’amour entre jalousie, dérives, disputes et passion physique avec pas mal de distance, sans se sentir impliqué outre mesure. A cause des dialogues, trop « poseurs » et abondants, et aussi par la faute d’une impression de déjà vu. Ce couple va t’il parvenir à se comprendre, s’aimer, rester ensemble? Là demeure le seul enjeu de ce film finalement un peu terne.

Ce qui l’est moins en revanche, c’est le beau duo composé de Maurice Ronet et d’Annie Girardot. Ronet reste dans la veine de l’amoureux désabusé et fragile qu’il fut dans Le Feu Follet notamment et ne surprend pas plus que ça. Annie, elle, rafle largement toute notre attention: sensible, déchirée, séduisante, désabusée, elle sait tout jouer sans la moindre fausse note et confirme tout ce que Visconti avait tiré d’elle pour Rocco et ses frères. Elle obtient la Coupe Volpi de la meilleure actrice avec panache. A noter la toute première apparition furtive d’un jeune débutant nommé Robert de Niro en arrière plan d’une scène de bar. Bien loin de ses Enfants du Paradis ou de ses Visiteurs du Soir, Carné ne fait pas des merveilles et ne transcende jamais le texte de Simenon. Résultat: un film mineur à voir à la rigueur pour ses interprètes.

ANNEE DE PRODUCTION 1965.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Carné est un peu mal à l'aise dans ce drame amoureux triste et sans grands enjeux. Mise en scène fadasse rattrapée par le jeu habité d'Annie Girardot surtout, splendide. Pas mauvais, juste bof!

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