HUIT ET DEMI

Guido, un cinéaste dépressif, fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l’école religieuse de sa jeunesse, ses rêves fous de « harem », ses parents décédés et les femmes qui ont jalonné son existence…

Huit et demi marque un tournant capital dans la filmographie de l’italien Federico Fellini. Il abandonne ses habituels récits néo  réalistes de La Strada ou de la Dolce Vita  poir aborder un style plus surréaliste, onirique, faits de fantasmes, de rêves curieux, de moments de réalité et entrecroisent le tout par le biais d’un scénario autour de la création cinématographique. Largement autobiographique, Huit et demi présente un réalisateur en panne d’inspiration, tiraillé entre ses souvenirs, des états d’âmes tortueux, la culpabilité de ne pas servir son Art avec tout son potentiel. Par un très beau  noir et blanc, Fellini accentue la sensation de « rêve éveillé », fait moins appel à la psychologie qu’à la psychanalyse dans ses rapports avec la religion, ses parents, son épouse qu’il trompe allègrement, ses maîtresses et ses actrices (qui sont souvent les mêmes femmes). Fellini se laisse porter par le souffle du hasard dans un vent de liberté avec une construction narrative très kafkaïenne, ultra novatrice dans le cinéma italien. Exposant de façon personnelle ses angoisses de cinéaste, il se sert du blocage de ses idées pour en faire la matière même de son film. Son mal de vivre rejoint ainsi son mal de créer dans une vertigineuse mise en abyme qu’il traite avec la plus grande liberté possible. On ne compte plus la somme de séquences devenues cultes (la conférence de presse en plein air, la matrone aix formes plantureuses dansant sur la plage, les soins de thalassothérapie se transformant en thérapie tout court ou bien la longue scène dans laquelle toutes les femmes entrent en conversation simultanée dans un chaos de voix indescriptibles).

En double idéalisé de Fellini, Marcello Mastroianni rempile après La Dolce Vita et endosse un des plus importants personnages de sa carrière. Fort bien entouré d’un casting feminin d’exception composé de Barbara Steele, Anouk Aimée, Sandra Milo, et de la sublime Claudia Cardinale en  » apparition divine  » symbolisant la pureté et l’innocence. Entre la séquence d ouverture toute entière imaginée par l’inconscient de Guido et la longue parade finale, où tous les protagonistes défilent en une farandole joyeuse, cette oeuvre cathartique de Fellini s’est imposée comme un fabuleux voyage dans l’âme d’un créateur de génie et une pièce maîtresse du 7e Art.

ANNEE DE PRODUCTION 1963

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Dans le haut du panier de la filmo de Fellini. Démarche narrative éclatée, mise en scène brillante: les dessous de la création et de ses tourments. Mastroianni impérial face aux divines Anouk, Claudia et les autres. Du grand cinéma.

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