LA PEAU

1943, Naples vient d’être libérée par les troupes américaines et dans cette époque troublée, vainqueurs et vaincus s’affrontent. Les femmes se prostituent, les mères bradent leurs enfants, les prisonniers allemands se vendent à prix d’or.

Après le choc provoqué par son célèbre Portier de Nuit au mi temps de la décennie 70, on savait la réalisatrice italienne Liliana Cavani capable de retranscrire la réalité sordide de son pays pendant la longue période du fascisme et même au delà. Avec La Peau, elle se lance dans la transcription partielle de l’oeuvre de Curzio Malaparte, La Pelle, sortie en 1949, dans laquelle le romancier et correspondant de guerre rendait compte de l’arrivée de l’armée américaine dans un Naples détruit et comment il y décrit la rencontre entre deux cultures différentes: l’une Anglo saxonne, l’autre latine, en plein conflit mondial. Cavani inclut au milieu d’images « dégoûtantes » un humour corrosif que l’on appréciera ou non: ainsi, le général US est plus soucieux de donner un bon diner à la femme du sénateur qu’à régler ses affaires courantes, les soldats sont plus ardents au bordel qu’au combat, le capitaine Malaparte subit sans broncher le racisme et les réflexions incessantes des vainqueurs amerloques ressassant des poncifs sur les italiens. Par certains égards antimilitariste, La Peau tord le cou à la « victoire » US en dénonçant au passage les horreurs perpétrées (avilissement des femmes, enfants maltraités voire servant d’objets sexuels à l’ennemi). Cavani aime provoquer et ne s’en prive pas jusqu’au bout avec des plans parfois très malaisants (l’homme littéralement écrasé par un char et dont il ne reste que l’informe magma étalé au sol, sous les yeux de son fils, un enfant d’à peine 10 ans!) Dans une ambiance décadente et ricanante à la Fassbinder, le scénario n’est pas exempt de passages assez étirés qui frisent parfois l’ennui.

Cavani s’est entouré d’un casting de taille pour incarner ses personnages: Burt Lancaster écope du rôle de l’américain macho, couillon, assez con au final et fier de l’être, Marcello Mastroianni, ex fasciste devenu officier de liaison, observe, caustique ou détaché, des événements affreux (un soldat qui saute sur une mine et revient vers lui les tripes à l’air, des enfants vendus par leur propre mère pour des faveurs sexuels), tandis que la belle Claudia Cardinale se balade au gré de quelques séquences dans cet univers dont elle semble étrangère et déconnectée. Liliana Cavani continue à faire du cinéma abject, ne s’interdisant rien, c’est courageux même si cette fois, on peut ne pas adhérer en totalité à son propos.

ANNEE DE PRODUCTION 1981.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un fort désir de choquer en montrant l'Italie au lendemain de l'arrivée des américains pour foutre en l'air le fascisme. Cavani filme des choses horribles avec une aisance dérangeante. Mais son script connait aussi des maladresses d'écriture. On peut être partagé.

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