En 1916, le jeune officier britannique T. E. Lawrence est chargé d’enquêter sur les révoltes arabes contre l’occupant turc. Celui qu’on appellera plus tard « Lawrence d’Arabie » se range alors du côté des insurgés et, dans les dunes éternelles du désert, organise une guérilla. Personnage brillant mais controversé, il va mener des batailles aux côtés de ses alliés et changer la face d’un empire.
Le cinéma de la démesure par l’incomparable David Lean: lui seul pouvait raconter l’histoire démentielle de ce personnage hors normes qu’est T.E Lawrence, officier britannique au service de l’armée des Indes et amoureux du désert, aussi bien mythomane qu’héroïque, nourrissant un ego immense tout en étant capable de grandes générosités, conquérant et masochiste: un paradoxe à lui tout seul! Epopée quasiment sans équivalent, Lawrence d’Arabie relate la campagne contre les Turcs pendant la première Guerre mondiale, le destin d’un homme englouti par les éléments (ici le désert, hypnotique, infini), les folies du colonialisme pointées du doigt, l’intolérable terreur d’être vivant. Lean filme les étendues désertiques avec une matérialité envoutant à la fois l’oeil et l’esprit, sans l’aide du numérique et dans des plans d’une beauté à couper le souffle! Les séquences anthologiques se succèdent les unes après les autres avec une régularité de métronome, mêlant en même temps l’esthétique grandiloquente des aventures extraordinaires et le récit avec sa dimension humaine. On passe de scènes de batailles chorégraphiées au millimètre à d’autres, plus intimistes, s’attachant à montrer la complexité de ce héros torturé et ambivalent jusqu’au bout. Lean propose aussi à ceux qui en sont friands de beaux moments contemplatifs avec tous ces plans hallucinants sur les chameaux se déplaçant dans le désert, filme l’hostilité des lieux, leur gigantisme, en en faisant un personnage à part entière. L’assaut d’Akaba porte à son zénith le perfectionnisme de Lean jusque dans les détails les plus infimes.
Ce « western des sables », épique et d’une durée de 3H45, ne doit pas sa popularité qu’à son auteur. Il met en scène Peter O’Toole, encore quasi inconnu, dans le rôle titre, obtient la consécration suprême, yeux bleus perçants maquillés de khol, oscillant entre ses origines anglaises et sa tentation de devenir arabe. A ses côtés, un casting exclusivement masculin qui en jette: Omar Sharif, Anthony Quayle, Claude Rains, Alec Guiness, Jack Hawkins, et un charismatique Anthony Quinn. Si l’on ajoute à ce tableau déjà copieusement fourni, la photographie de Freddie Young (filmant les rayons du soleil sur les dunes comme personne) et la musique proprement légendaire de Maurice Jarre, on ne sera pas surpris par la récolte de 7 Oscars en bout de course. Un spectacle total qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie et uniquement sur grand écran dans la mesure du possible!
ANNEE DE PRODUCTION 1963.



