Célèbre prix Nobel de psychiatrie, le Docteur Richard « Harpo » Thorndyke est nommé à la tête d’un asile de Los Angeles. Après seulement quelques heures de service, il se rend compte que les pensionnaires les plus fous de l’hôpital ne sont pas forcément les malades… Souffrant lui même de crises d’angoisse et sujet au vertige, l’éminent psychiatre n’est pas au bout de ses surprises…
Trois ans après le succès mondial de son Frankenstein Junior, le scénariste et réalisateur américain Mel Brooks s’est mis en tête de rendre à sa manière un hommage à un de ses maitres, Sir Alfred Hitchcock. En utilisant bien entendu son arme de prédilection: l’humour ravageur et en constituant un récit comique sous forme d’une parodie délirante des meilleurs oeuvres du maitre du suspense. Si niveau réalisation, Le Grand Frisson recèle des idées valables et un style visuel assez soigné, du côté du scénario, c’est plus problématique! Brooks a du mal à maintenir un rythme régulier dans une intrigue prétexte à caser quelques gags plutôt drôles, d’autres médiocres, et certains ratés. Cette inégalité finit par être préjudiciable à l’ensemble. On retrouve cependant deux séquences vraiment originales et amusantes (le pastiche de la douche de Psychose et un autre des Oiseaux) qui restent à n’en pas douter les clous du film. Pas mal de références à des titres comme Sueurs Froides, Frenzy, ou La Mort aux Trousses sautent aux yeux, d’autres plus discrètes (Les 39 Marches, Soupçons ou Marnie) tombent plus ou moins à plat. En étant indulgent, on peut tout de même passer un moment agréable à suivre les aventures de ce psychiatre pris dans une folie générale qui n’est pas sans rappeler les récits les plus surréalistes.
Brooks s’est laissé le tout premier rôle, dosant ses effets, ses grimaces, son jeu restant toujours relativement modéré pour « garder un certain sérieux », y compris dans les situations les plus « débiles ». Ses partenaires féminines, Cloris Leachman et Madeline Khan, actrices fidèles de son cinéma, rivalisent de fantaisie. On ne sait si Hitchcock a rigolé de bon coeur à cette relecture décalée de ses plus grands films, mais Le Grand Frisson ne dépasse pas le stade de la comédie bon enfant, sans conséquences. Pas de quoi avoir le vertige, mais pas non plus de quoi fuir à toutes jambes.
ANNEE DE PRODUCTION 1977.



