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LES MISERABLES

Suite à la mort du Comte de Villeneuve, Henri Fortin, son employé, est accusé à tort de l’avoir assassiné. Envoyé au bagne, il décède lors d’une évasion ratée, laissant derrière lui sa femme et son fils Henri. Quelques années plus tard, ce dernier, devenu champion de boxe, s’inspire du courage de son père et décide d’aider des juifs persécutés quand la Seconde Guerre Mondiale se déclare…

On connait la propension de Claude Lelouch à brasser les époques, à mélanger les destins, à faire s’entrecroiser les genres pour aboutir souvent à des films lourdauds, à la philosophie simpliste et aux airs de chabadabada assez énervants. Pourtant, à quelques exceptions près, ce procédé peut lui porter bonheur et fonctionner relativement bien. En adaptant librement le plus connu des romans de Victor Hugo, Lelouch a eu la main heureuse parce qu’il ne colle pas au texte originel de façon scolaire, il transpose l’esprit des Misérables du début du XXe siècle jusqu’à l’horreur de la guerre 39/45 et ainsi ajoute une portée universelle à son épopée grandiose. Car il a vu les choses en grand: un budget colossal, des centaines de figurants, des costumes d’époque, etc… En prime, il soigne vraiment sa photographie, dans des tons de sépia souvent réussis, les longs passages lyriques possèdent un souffle indéniable et la destinée de son héros, Fortin, trouve une résonnance directe avec Jean Valjean, les fermiers alcoolos cachant un juif ressemblent à s’y méprendre aux Thénardier, etc… Lelouch cède encore à l’utilisation excessive de musique, entre Francis Lai, Michel Legrand, Nicole Croisille et Barbelivien et prend toujours au pied de la lettre les liens étroits entre hasards et coïncidences. En dehors de ces quelques tics, sa version des Misérables repose évidemment sur la qualité du casting.

En Fortin/Valjean, l’impressionnant Jean Paul Belmondo a la lourde tâche de succéder à Harry Baur, Gabin, Ventura, etc… et ne démérite pas grâce à sa stature d’acteur à la fois populaire, enrichi d’une maturité installée, lui qui a su aussi bien jouer les guignolos que Cyrano. A ses côtés, une liste longue comme le bras de partenaires (Célarié, Alessandra Martines, Philippe Khorsand, Michel Boujenah, Philippe Léotard, Jean Marais, Rufus, Ticky Holgado, ect..) et surtout en forme de retour miraculeux son actrice de Vivre pour Vivre et d’Un Homme qui me plait, Annie Girardot, usée, presque méconnaissable en Thénardière, femme délaissée par son mari et recherchant encore un peu de tendresse. En une séquence de quelques minutes seulement, elle emporte tout sur son passage, comme si elle jouait sa vie et bingo! un César du meilleur second rôle à l’arrivée!

ANNEE DE PRODUCTION 1995.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

La version 1995 des Misérables d'Hugo par un Lelouch assez inspiré est au final une bonne surprise: romanesque, épique, avec la bonne idée de transposer le tout entre 1900 et 1945. Belmondo a une vraie densité en Valjean et Annie Girardot retrouve enfin un vrai rôle à défendre après 15 ans de bagne cinématographique.

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