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LA LOI DU DESIR

Pablo Quintero est un auteur à la mode. Son amant adoré le quitte et un soir de fête, il se console avec un jeune homme, Antonio, d’une nature violente et extrêmement jaloux. Parallèlement, Pablo entame un film, inspiré de la vie de sa soeur Tina, autrefois un homme… Antonio devient de plus en plus inquiétant et pressant, allant même jusqu’à menacer la vie de l’ex de Pablo…

Avec La Loi du désir, Pedro Almodovar entame son entrée dans la production « maison » puisque c’est le premier de ses films à sortir sous la bannière de sa société indépendante El Deseo. Toujours fortement influencé par la Movida espagnole, le cinéaste « mûrit » de plus en plus dans ses thématiques, son audace visuelle et narrative et cette fois, il offre quasiment un autoportrait à travers le personnage principal de Pablo, réalisateur gay en vogue pour qui la création et l’écriture représentent les socles essentiels de sa vie. Récit d’amour, de jalousie, de rapports frère/soeur, et aussi de mort, La Loi du Désir charrie aussi bien la passion charnelle que les tourments sentimentaux, l’obsession amoureuse jusqu’à la folie comme ce sera le cas dans Attache moi par exemple. On retrouve également la sensualité et la sexualité débridée de Matador, dans un scénario cette fois dénué d’humour ou de fantaisie. La noirceur l’emporte sur la gaieté ou la joie dans cet opus finalement assez pessimiste sur les relations amoureuses. Dans une mise en scène peut être plus sage que d’habitude, Almodovar semble trouver de nouvelles marques, filmant le corps masculin avec avidité, jouant sur l’ambivalence de ses personnages féminins (la soeur qui a changé de sexe après avoir entretenu une liaison avec son propre père!), et met le curseur pile entre comédie sombre et mélodrame à la Douglas Sirk. En parlant ouvertement d’homosexualité, il franchit aussi un pas vers sa pleine volonté de ne pas faire le cinéma de M. Tout le Monde.

Eusebio Poncela jouait déjà le trouble commissaire de police de Matador et trouve là le premier rôle, celui de cet auteur amoureux d’un garçon qui ne le lui rend pas et va se retrouver dans une liaison dangereuse avec Antonio Banderas, sexy en diable, jeu en devenir, esquissant un personnage « dérangé » affectivement ressemblant à celui qu’il tiendra dans Attache Moi! Quant à Carmen Maura, elle confirme son immense talent de comédienne protéiforme, incarnant ce transsexuel à la vie amoureuse chaotique:  notamment dans la séquence où, en pleine rue, elle se fait asperger par une lance à eau, trempant sa robe moulante avec une sensualité assez incroyable. Mi thriller mi film d’amour désespéré, La Loi du Désir constitue une des pièces de choix du réalisateur espagnol.

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Almodovar en pleine maturité livre un beau film d'amour sombre, plein de fureur et de passion. Antonio Banderas et Carmen Maura excellents dans un casting homogène.

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