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LE GATEAU DU PRESIDENT

Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, se transforme en mission très complexe…

Les films venus d’Irak sont si rarement exploités en France que la sortie de ce Gâteau du Président constitue un petit événement en soi, d’autant qu’il a d’abord été présenté à Cannes en mai dernier dans la section de la Quinzaine des Réalisateurs et en a remporté la Caméra d’Or. Premier long métrage d’un jeune cinéaste irakien, Hasan Hadi, il y raconte comment une jeune élève de CE2 se débrouille pour réunir les ingrédients nécessaires afin de faire un gros et beau gâteau d’anniversaire au dictateur en place, Saddam Hussein, en plein conflit avec les Etats Unis en 1990. Avec une force identique à un documentaire, le récit pourtant fictionnel nous replonge en plein régime totalitaire avec ses privations, sa corruption endémique, sa misère générale et surtout son quotidien cruel pour une population affamée. Le script émeut par sa véracité, par la simplicité du traitement et par une mise en scène naturaliste cadrant idéalement avec son sujet. A travers le regard de ces deux enfants unis dans l’adversité, le film ne verse pas dans le misérabilisme et sait doser ses moments d’émotions avec parcimonie. Cette fable humaniste où, finalement l’entraide, le partage et l’amitié restent des guides positifs dans un chemin semé d’embûches, renvoie un peu au cinéma et au style d’Abbas Kiarostami dans sa façon de parler des difficultés d’une société prise à la gorge.

Servi par des acteurs non professionnels encore plus vrais dans leur jeu, à l’image de la petite Baneen Ahmad Nayyef, au visage d’ange à la fois pur et innocent, Le Gâteau du Président montre la précarité d’un pays en guerre et en proie à un gouvernement indifférent au sort des plus démunis. La grand mère et le coq, Hindi, sont les seuls havres de tendresse que la jeune Lamia peut encore atteindre, en mettant toute notion d’argent ou de troc de côté. Certes, le fond du propos revêt une noirceur bien ancrée, mais le souffle d’espoir provient de cet enfant prête à tout pour simplement réunir cinq oeufs, du sucre et de la farine. Ou comment apprendre à survivre au milieu des bombes, de la mort qui guette, de l’obscurantisme dévorant.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Beau , fort et puissamment documenté, ce premier opus de l'irakien Hasan Hadi a remporté la Caméra d'Or pour son humanisme et sa vérité très touchantes. A ne pas rater.

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