En 2173, un homme congelé est ramené à la vie par des chirurgiens révolutionnaires. Arrêté, il se débat dans une société gadgétisée dont la vie est réglée par des robots.
En 1973, Woody Allen en est encore au tout début de sa carrière d’acteur/réalisateur, après des années de stand up et peaufine ses scénarios en privilégiant le comique, ne s’aventurant pas du côté du drame comme il le fera à la fin de la décennie 70. Woody et les Robots est ainsi une pure comédie « futuriste » dans laquelle il imagine le monde tel qu’il pourrait devenir dans deux siècles. Avec un sens aigu de la fantaisie, il revisite la science fiction à sa guise sous la forme d’une pochade délirante à coup de gags inégaux et de disgressions philosophiques. Woody s’amuse à parler du snobisme intellectuel, de la mécanisation générale du monde, des relations sentimentales qui se terminent toujours mal, etc… A bien des égards, on pense aussi aux Temps Modernes de Chaplin avec la fabrique de robots faisant écho aux humains eux mêmes robotisés avec un burlesque qu’Allen n’utilisera plus si souvent dans la suite de sa filmographie. Si la première partie recèle de vrais moments de drôlerie, la suite s’essouffle par la faute de trouvailles visuelles répétitives (l’envolée dans les combinaisons gonflées comme un ballon dirigeable, le gag saugrenu du nez qui s’étire trop longtemps et finit par lasser). Allen assume l’aspect décalé de son récit foutraque, comme par exemple lorsqu’il se lance dans une imitation de Blanche Dubois face à une Diane Keaton singeant l’accent de Marlon Brando dans Le Parrain dans lequel, ironie oblige, elle jouait déjà.
Car oui, un an après Tombe les filles et tais toi!, Woody reprend Keaton pour une seconde collaboration et confirme la tendresse de leur tandem et leur complicité de jeu qui fera bien sûr surtout merveille dans Annie Hall. Avec ses idées désopilantes comme la voiture à amortisseurs balai brosse, le confessionnal électronique ou bien la machine à provoquer des orgasmes (l’orgamastron), Woody et les Robots convoque aussi bien Tati et sa société déshumanisée (déjà!) que Kubrick pour sa vision d’un futur pas si hypothétique et permet à Allen de se démarquer en comique intello bien à part. Tant pis si c’est parfois un peu lourdaud, l’originalité du ton l’emporte largement.
ANNEE DE PRODUCTION 1973.



