Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.
Nicolas et Bruno, tandem de scénariste/réalisateur, nourri à l’esprit Canal, déjà auteur de trois longs métrages jusqu’ici, revient avec une nouvelle comédie décalée, Alter Ego. Une comédie certes, mais sous forme de fable féroce sur l’obsession des comparaisons, les apparences (trompeuses en diable) et la dualité. Soit Axel et Alex, un homme et son sosie, l’un chauve et complètement aigri développant pour l’autre, beau, chevelu, positif et « faussement parfait » une jalousie et une haine incommensurables. Le récit passe des gags les plus attendus à un délire narratif assez jouissif, entre satire sur le « bonheur » enviable et regard amusé sur le double. Nicolas et Bruno poussent le curseur de l’absurde au maximum, utilisant une simple moumoute comme un élément essentiel pour faire rebondir l’action! Il fallait oser! On pense beaucoup au cinéma de Quentin Dupieux… en moins inégal en fait! Mention spéciale pour l’écriture, faisant la part belle aux mesquineries de voisinages, à l’hypocrisie souvent présente au sein du couple, par le biais de dialogues souvent très drôles et grinçants. Dans La Personne aux deux personnes déjà, le duo de réalisateurs traitait du thème du double, avec beaucoup moins de réussite et de mordant. Ici, comme l’envieux Alex, on voudrait s’imaginer qu’ailleurs l’herbe est plus verte (surtout en face de chez soi) et que la vie que l’on mène ne vaut pas tripette comparé à celle du voisin « idéal ». Les situations incongrues s’empilant les unes après les autres vont démonter cette fausse croyance et remettre finalement la « médiocrité » à sa juste place.
C’est un festival Laurent Lafitte (pour la quatrième fois en tête d’affiche en l’espace de six mois!): il endosse ce double rôle avec une aisance incroyable, quoiqu’il fasse! Un acteur miraculeux tout simplement! A ses côtés, Blanche Gardin, jusque là peu crédible en tant qu’actrice (malgré son talent innée d’humoriste) et qui se fond dans son personnage avec un amusement communicatif, déclenchant elle aussi des rires francs. Désopilant, méchant et bigrement original, Alter Ego décoiffe par son attrait pour un surréalisme certain et redonne clairement foi en la comédie française, si pauvre par ailleurs.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



