Pour aider son mari gravement malade et lui permettre de se faire soigner en Europe, Helen reprend son ancien métier de chanteuse de cabaret.
Dans la longue collaboration entre Marlène Dietrich et Josef Von Sternberg (7 films en commun), Blonde Venus se classe certainement et objectivement comme leur oeuvre la moins aboutie, en tout cas la plus mineure. Par la faute d’un scénario aussi « léger » qu’assez inconsistant, Sternberg doit mettre les bouchées doubles sur sa mise en scène (toujours sophistiquée) et magnifier sa muse au maximum. L’histoire de cette épouse et mère de famille qui se prostitue pour payer des soins médicaux au mari et devient une « femme » perdue résonne comme un mélodrame pur jus hollywoodien avec gros violons à la clef et happy end sans surprises de rigueur. En fait, Blonde Venus semble tout du long un prétexte à remettre Marlène dans un rôle de chanteuse de cabaret (L’Ange Bleu lui collant décidément aux basques!) et l’intrigue autour n’est qu’une suite relativement anecdotique de séquences banales. Du coup, les meilleurs moments du film sont clairement les passages musicaux dans lesquels la Divine entonne des titres en français, en anglais, costumée là en queue de pie, là recouverte d’une peau de gorille qu’elle retire pour laisser apparaitre sa silhouette et sa classe naturelle.
Herbert Marshall, partenaire effacé, campe le mari scientifique irradié par ses expériences, tandis que dans l’un de ses premiers rôles, Cary Grant joue un millionnaire amoureux de la Belle et l’aidant financièrement à changer de vie. C’est presque un euphémisme de dire que sans Marlène et sa cinégénie légendaire, Blonde Venus ne serait qu’un produit oubliable et sans âme. Mais l’actrice y incarne une maman (une des rares fois pour elle), ce qui nous vaut quelques changements dans son jeu, ici plus émouvant. La femme fatale de Shangaï Express, Agent X27 ou La Femme et le Pantin fend l’armure et apparait dotée d’une vraie humanité. Pour cet aspect « original », le film se distingue un peu. Vraiment dommage que Sternberg ait à ce point cédé aux convenances « moralisatrices » du studio !
ANNEE DE PRODUCTION 1932.



