Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra « Les Noces de Figaro », les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, le rire n’est jamais loin du drame.
Huit ans après sa dernière réalisation avec Place publique, Agnès Jaoui fait son grand retour derrière la caméra et bien sûr au scénario. Le premier, d’ailleurs, qu’elle écrit sans son complice Jean Pierre Bacri, disparu en 2021. Peut on à ce sujet juger « différente » l’écriture de l’actrice réalisatrice amputée ainsi d’une telle association talentueuse? L’Objet du Délit reste tout à fait dans la veine connue de la satire gentiment féroce, pointant cette fois du doigt aussi bien le racisme, le wokisme, les comportements déplacés et surtout traite des conséquences du mouvement Metoo dans la préparation d’un spectacle d’opéra autour des Noces de Figaro. Avec des dialogues inégaux, passant de répliques très bien pensées à d’autres plus « lourdes », le film s’efforce de se pencher sur les points de vues multiples de tous les personnages, tentant de ne pas juger à la hâte, comme si Jaoui craignait de prendre parfois position, alors qu’en réalité, elle le fait surtout dans une volonté de nuance, de bien rappeler que rien n’est tout blanc ou tout noir, que les êtres sont complexes, que le monde d’avant ne peut plus s’appliquer aujourd’hui (et tant mieux!), que le respect envers les femmes et leur parole est devenue une notion essentielle. La comédie se teinte ainsi de moments plus sérieux et appelant autant à la réflexion qu’à une prise de conscience, en cela, la narration jongle habilement entre la légèreté et la gravité. Point toutefois moins enthousiasmant: la mise en scène. Agnès Jaoui ne parait pas aussi affirmée que sur le génial Goût des Autres et laisse une impression un peu « passe partout ».
Une jolie troupe d’acteurs se croise, se jauge, se défie et se mêle et comme dans tout film choral, certains sont sortent mieux que d’autres. Un bravo à Eye Haidara en chanteuse lyrique au fort tempérament, un autre à Claire Chust en metteuse en scène novice à la voix aigue mielleuse, et à Agnès Jaoui elle même en grande soprano expérimentée. Daniel Auteuil, en retrait, observe et assiste aux joutes verbales de ses acolytes, sans vraiment trouver le ton adéquat. Les seconds « couteaux » (Patrick Mille, Oussama Kheddam, Emmanuel Salinger et Jacques Weber), très bien chacun dans leurs personnages. Pas désagréable non plus de réentendre (dans l’ultime partie) les airs joyeux des Noces composés par Mozart.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



